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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 09:48

                      Je viens de recevoir un mail fort touchant de deux parents dont le fils a traversé (et, surtout, leur a fait traverser) un calvaire de huit ans et demi de coma définitif irréversible. Ils m’ont écrit parce que chaque fois que j’en ai l’occasion je parle de l’euthanasie et du suicide assisté,  que j’approuve  totalement. Il me semble que le problème de cet avancement tant souhaité de la légalité se pose exactement comme celui de l’avortement : on ne vous oblige pas à avorter, mais si vous voulez avorter c’est votre droit. Toutes les protestations indignations manifestations d’hostilité sont sans raison et devraient être sans effet, ce qu’elles seront bientôt j’espère, au bout de toutes ces lenteurs administratives et confessionnelles qui n’empêcheront pas une loi nouvelle de rendre à chacun sa liberté de mourir – à plus forte raison de donner la liberté de suspendre après tant d’années une assistance à survivre qui aboutissait à un non sens absolu. Ici le cas soulevé était celui d’un enfant déjà comme mort pendant plus de huit ans ; lorsqu’en particulier il s’agit d’un patient en fin de vie, qui survit dans des souffrances atroces et la dégradation de son être et qui réclame de pouvoir partir dignement, avant d’être réduit à l’état de légume ou de loque délabrée, comment pourrait-on ne pas l’entendre, ne pas l’aider à trouver la sortie qu’il désire ? Il reste que les problèmes sont multiples pour réaliser ces voeux des patients sans provoquer un tsunami juridique : nous aurons encore beaucoup à faire pour ouvrir les yeux, non  de l’opinion (c’est fait de manière frappante), mais des décideurs toujours empêtrés dans leurs traditions et préjugés.

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