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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 08:33

            J ’ai aimé, avant-hier, suivre l’aventure de ce funambule dansant entre les deux défuntes tours du Trade Center. Un funambule, d’ailleurs, qui avait bien d’autres tours dans son sac : dans le quartier de Beaubourg, tout en noir sous son gibus, il pédalait comme un dératé sur un monocycle minuscule filant comme le vent, ou jonglait avec des quilles, ou faisait disparaître des objets que son habileté de doigts faisait reparaître dans des endroits incongrus. Il n’était déjà, au départ, pas taillé dans le bois dont on fait les flûtes… Les préparatifs de son exploit étaient passionnants – déjà à  deux mètres du sol on tremblait pour lui, et le filin sur lequel il glissait était arrimé avec d’incroyables précautions, lui seul s’en chargeant, comme un parachutiste ne confie à personne le soin de replier son parachute. Et déjà c’était merveilleux de le voir avancer, se retourner, s’agenouiller sur son fil, voire s’y coucher de tout son long comme pour y faire un somme. Une question – importante tout de même – n’a jamais été abordée : pendant les années où la préparation a été nécessaire, avec  par exemple ce point fort que fut la promenade entre les deux tours de Notre-Dame, nulle allusion ne fut jamais faite aux coûts énormes de la location d’un immense terrain d’exercice, du matériel de qualité irréprochable, des divers voyages à Sydney ou à New York – et il fallait bien vivre tout de même… Mais les amis indispensables à divers titres se ralliaient au projet comme s’il s’agissait pour eux de venir passer le week-end à la campagne… Et pas question de subventions à quêter ici ou là : tout devait se préparer dans la clandestinité,  l’exploit était en contravention officielle avec la loi. A preuve, l’expulsion hors USA du copain complice. L’exploit lui-même n’avait pu être annoncé, seuls les piétons levant le nez pouvaient jouir du spectacle (mais il y eut vite une foule figée sur les trottoirs et  dévorant des yeux cette voltige irréelle – huit allers et retours – élégante et poétique, décontractée, à inscrire au chapitre des rêves…

 

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