Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 15:19

 

 

            On nous parle souvent du goût, aussi bien celui qu’il faut apprendre à nos chères têtes blondes parce que sans nous elles n’en auraient pas la moindre idée (le sucré, le salé, le poivré, l’acide, l’amer, l’âpre, l’âcre) que celui qui s’affine avec la pratique des civilisations ou de la vie en commun. Les théoriciens parlent du goût du XVIIIème, du goût pour les papiers peints, du goût pour l’antique, du goût pour les fleurs… et il est de fait – j’en ai été témoin au cours de mon existence – que le concours du plus beau village fleuri,  tout en permettant la suppression des tas de fumier si longtemps exhibés aux abords des fermes, a aussi éveillé et implanté dans la population un certain goût pour la couleur, pour l’ordre, pour la beauté de nos contextes quotidiens. Il y a une cinquantaine d’années, les catalogues eux aussi ont eu leur rôle à jouer, prodigues qu’ils étaient d’accessoires « à assortir », d’articles « à offrir ou à s’offrir », installant ainsi l’envie de se faire plaisir au premier rang des préoccupations secrètes. Mais a-t-on souvent parlé du mauvais goût ? On semble plutôt le nier, ou s’en détourner du moins, l’ignorer. Or, mes belins-belines, c’est aux niveaux les plus huppés de notre société qu’on en trouve les plus violentes manifestations. Et elles ne se cachent pas, loin de là ! Pub pour les parfums ou pour les bijoux même objectif : tenter les belles dames en mal d’aventures de cœur. Et ce qu’on nous montre est si volontiers malsain… Les mannequins dénudées dans leur bain d’or, ou les adolescentes de style Balthus avec des yeux de crapaud mort d’amour et des gestes équivoques cramponnées à leur flacon d’où naît l’ivresse, ou encore les préliminaires érotiques au ralenti entre couples déjà déshabillés…Le pire, je crois, est tout récent : des draps froissés par l’agitation nocturne, un alanguissement du corps qui se traduit par la crispation épuisée de la main, la bague cause et conséquence de ladite agitation nocturne. Pardonnez-moi, à moi qui sors de ma province, mais je vois dans ce bijou si lascivement contemplé comme un salaire peut-être péniblement gagné. Maubuisson devrait mieux décanter son inspiration : pour ce qu’il vaut, c’est un conseil que je lui donne.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de lucette desvignes
  • Contact

Recherche

Liens