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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 08:56

 

 

 

 

 

            Tout naturellement, vous l’imaginez bien, je prends fait et cause pour le roman. Je pense toujours à l’air un peu lassé de Pivot annonçant en fin de peloton la présence de « Clair de Nuit » sur son plateau : « Et puis, voici enfin un roman, puisqu’il en fallait bien un… ». Pas tout à fait accablé, d’ailleurs, puisqu’il me présentait comme « un écrivain redoutable », avec des premières pages « à la Robbe-Grillet » et une intrigue super bien ficelée – mais tout de même, la place du livre était en queue de liste. C’est contre cette désaffection que je m’insurge. Longtemps le roman fut condamné en tant que genre, propre à tourner la tête des lecteurs (voyez Don Quichotte), à ne pas mettre entre les mains des demoiselles à cause de cette manière inventée de présenter la réalité.  Et certes au cours des siècles il a pris toute sa place – la première, indiscutée, pendant longtemps – mais il semble que depuis quelques décennies on se soit tellement gorgé de document, d’enquêtes, d’informations sur le vif que l’imagination ontologiquement nécessaire à l’écriture romanesque en est devenue méprisable. Moi je verrais volontiers une preuve d’insuffisance du pouvoir d’affabulation dans cette mode de choisir ses sujets dans la vie d’autrui : à partir de ces données de la réalité,  rassurantes pour un départ de récit   tuteuré, béquillé, balisé donc en théorie sans danger, l’imagination se voit sollicitée, parfois même de manière un peu trop fantaisiste, comme si elle n’osait se lancer toute seule que sur de petits territoires limités. On rejoint là l’autofiction, non pas celle, rare, pratiquée en faux semblant complexe et dans la dérision, mais celle de trop de romans contemporains, où on invente seulement quand on ne peut plus fournir du document : à mon avis, ces structures en patchwork restent branlantes, privées de l’harmonie qui découle sans effort de la qualité de fusion des éléments. Malheureusement, on prend souvent des vessies pour des lanternes, de nos jours  - à développer en urgence, comptez-y !...

 

 

 

 

 

            Tout naturellement, vous l’imaginez bien, je prends fait et cause pour le roman. Je pense toujours à l’air un peu lassé de Pivot annonçant en fin de peloton la présence de « Clair de Nuit » sur son plateau : « Et puis, voici enfin un roman, puisqu’il en fallait bien un… ». Pas tout à fait accablé, d’ailleurs, puisqu’il me présentait comme « un écrivain redoutable », avec des premières pages « à la Robbe-Grillet » et une intrigue super bien ficelée – mais tout de même, la place du livre était en queue de liste. C’est contre cette désaffection que je m’insurge. Longtemps le roman fut condamné en tant que genre, propre à tourner la tête des lecteurs (voyez Don Quichotte), à ne pas mettre entre les mains des demoiselles à cause de cette manière inventée de présenter la réalité.  Et certes au cours des siècles il a pris toute sa place – la première, indiscutée, pendant longtemps – mais il semble que depuis quelques décennies on se soit tellement gorgé de document, d’enquêtes, d’informations sur le vif que l’imagination ontologiquement nécessaire à l’écriture romanesque en est devenue méprisable. Moi je verrais volontiers une preuve d’insuffisance du pouvoir d’affabulation dans cette mode de choisir ses sujets dans la vie d’autrui : à partir de ces données de la réalité,  rassurantes pour un départ de récit   tuteuré, béquillé, balisé donc en théorie sans danger, l’imagination se voit sollicitée, parfois même de manière un peu trop fantaisiste, comme si elle n’osait se lancer toute seule que sur de petits territoires limités. On rejoint là l’autofiction, non pas celle, rare, pratiquée en faux semblant complexe et dans la dérision, mais celle de trop de romans contemporains, où on invente seulement quand on ne peut plus fournir du document : à mon avis, ces structures en patchwork restent branlantes, privées de l’harmonie qui découle sans effort de la qualité de fusion des éléments. Malheureusement, on prend souvent des vessies pour des lanternes, de nos jours  - à développer en urgence, comptez-y !...

 

 

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