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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 12:10

 

 

            D’étranges images me viennent à l’esprit ce matin, au moment où il me faut entrer en contact avec vous pour vous délivrer le message de la journée. Une orange complètement vidée de sa substance, au point que même la pulpe est collée à l’intérieur de l’écorce sans espoir d’en être jamais dissociée. Naturellement, dans la foulée, Voltaire et Frédéric de Prusse, puisque le premier se plaint d’avoir été pressé par le second puis abandonné une fois tout le jus récupéré par l’autre. A ces images visuelles succèdent des sonorités, lesquelles prennent forme peu à peu sur mon petit cinéma intérieur :  toc ! toc ! (comme au début du « Faust » de Goethe : Es klopft – Herein ! – Es klopft – Herein denn !) toc ! toc ! Un bruit de calebasse,  peut-être même pas en mesure et sur des rythmes sud-américains, ce qui serait envoûtant, mais en solo maigrichon : une calebasse vide, toc ! toc ! voisins des ploc ! ploc ! de la pluie d’averse qui s’égoutte dans un tonneau sous la gouttière. Beaucoup d’effet sonore pour pénurie de matériaux : nos amis anglais le savent bien, qui répètent à satiété « empty vessels make the more sound » (les récipients vides font d’autant plus de bruit). Nous n’avons pas d’aphorisme correspondant, à ma connaissance du moins, mais nous en avons d’amples et variées illustrations : ne sont-ce pas les livres les plus vides qui font le plus de bruit chez nous ? Il faut me pardonner aujourd’hui que la calebasse soit vide, demain  elle aura repris de la pulpe, je vous le promets.

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