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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 08:14

Mea Culpa N°1047 : Lire « ne devrait pas être porté » et non « ne devrait pas dû être porté ».

 

            Le maître mot de la campagne c’est la vérité. Tous les autres mots qu’on a entendu dire et répéter à satiété – la force, la sécurité, la fin de la crise, la reprise de la croissance, l’avenir, la confiance – tout ça c’est du pipeau, mes belins-belines,  et joué faux,  bien souvent, avec des couacs. La vérité, ils en ont tous le culte. Que voulez-vous, ce sont des gens honnêtes, comme vous et moi, ils n’oseraient pas nous proclamer du mensonge à la face en regardant la France dans les yeux, ils auraient trop honte quand il leur faudrait se confesser. Ils clament la vérité, mais il y a chez nous une industrie franco-française (ça n’est pas vraiment la spécificité qu’ils brandissent à Bruxelles) qui joue aussi son rôle par en-dessous. Rappelez- vous il y a quelques années : les vrais faux époux Turange, les vrais faux passeports, les vrais faux ordres et contrordres donnés pour la circulation de ces valises intercontinentales (pleines de piastres, de dollars, de diamants, d’or, qu’en sait-on ? et qu’est-ce que ça peut bien vous faire puisqu’on ne saura jamais d’où elles sont venues, où elles sont allées, quelles poches elles ont remplies ?). Le vrai faux, c’est notre marque de fabrique. Eh bien, il vient de se faire ramoner de la garde ! Imaginez-vous qu’on nous parlait du travail sans nous dire s’il était vrai ou s’il était faux ! Ah mon ami,  il y a enfin quelqu’un (je vous laisse deviner qui, c’est un gradé) qui a distingué le vrai travail du faux. Les ouvriers dans les usines, à ce que j’ai compris, et les employés dans les bureaux, tout ça c’est du faux travail (ils se les roulent, ils ne font rien). Le vrai travail, c’est dans les banques, c’est l’argent qui travaille pour les actionnaires, c’est les banques en soi. C’est à ce vrai travail-là qu’on peut être fier de serrer la main. D’ailleurs  Pétain le disait déjà : sur les affiches où fumaient les usines, il serrait la main au vrai travail,  il méprisait le faux travail qui d’ailleurs s’occupait sans doute à la Résistance. Et ça n’est pas étonnant que dans ce contexte où la nostalgie de Pétain affleure à chaque instant on nous exhume une de ses belles phrases. Il garde ses gants pour serrer des mains ouvrières, mais il porte son beau képi à feuilles de chêne. Merci à celui qui nous a rappelé les glorieux moments de notre histoire, merci à celui qui s’abrite sous leur vérité pour mieux nous séduire…

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