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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 10:20

 

 

   Je ne suis pas très au courant de ce qui se passe ou se trame dans les hautes sphères régionales dès lors qu’il s’agit de faire classer la Bourgogne parmi les secteurs protégés et honorés de la conscience du monde. C’est de toute évidence parce que cela ne m’intéresse guère, mais de temps à autre j’en recueille des fragments d’infos et je découvre que depuis des mois, peut-être même des années en sous-main, on se démène pour accrocher une étiquette supplémentaire à certaines notions locales. Ainsi ces climats : j’ai beau faire,  je n’ai aucun instinct pour comprendre cette acception nouvellement apparue en surface (bien que, dit-on, elle soit une mention très ancienne et si pleine de nuances, justement, qu’on avait tendance à la mettre de côté parce que trop signifiante). Moi je veux bien : on donne donc des définitions à tour de bras, chacun est invité à adopter le sens rénové du mot avec énergie et conviction, mais on a facilement l’impression que le débat demeure au niveau des commerciaux de haut rang et qu’il n’apporte pas grand-chose aux connaissances de base du citoyen Lambda. En quoi la reconnaissance par un jury planétaire de la valeur de nos pinots et chardonnays dans toutes leurs hypostases, comme on dit en critique littéraire, apporterait-elle un mieux sur le marché ? Peut-il y avoir plus décisive appréciation que de voir un Chinois racheter le château de Gevrey-Chambertin et le vignoble qui va avec ? Peut-il y avoir occurrence plus triste ? Et néanmoins, mes belins-belines, est-il besoin d’un diplôme supplémentaire pour sacrer le bourgogne un cran au-dessus du bordeaux ?

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commentaires

S
Étrange, en effet, ces proliférations de classement, par des institutions mondiales (par exemple l'UNESCO), de sites ou de biens immatériels, comme les œuvres de l'esprit (tenez, le Fado<br /> portugais), en des biens de l'humanité toute entière, dignes d'être préservés ; plus la vie quotidienne des citoyens s'exprime dans la souffrance, plus les milieux de vie sont dégradés et pollués,<br /> plus devient infernal l'avenir que les financiers sans frontières imposent aux peuples par leurs bras politiques - comme l'Union européenne -, et plus l'on fige ce qui est appréciable, beau, ou<br /> goûteux comme un Bourgogne, sous des appellations internationales. Plus le Bourgogne fout le camp, en devenant un simple enjeu de politique financière d'un richissime Chinois, échappant ainsi aux<br /> vignerons et aux créateurs de ce nectar moins lourd que le Bordeaux (si je m'en réfère à mes souvenirs, car je ne bois plus d'alcool), et davantage on tend à le rendre illustre, à le chamarrer de<br /> mots, à le fixer dans l'intemporel d'une dénomination, planétaire s'il le faut. Bientôt, peut-être que le beau et le bon n'auront plus d'existence qu'au travers de leur glorification... Suis-je<br /> pessimiste ? Je ne sais. J'émets une hypothèse.
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