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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 12:50

 

 

            Je n’avais pas pris conscience que Les Enfants du Paradis se fussent mis à la retraite pendant un certain nombre d’années : il y avait toujours moyen, me semble-t-il, de les retrouver ici ou là, même s’il ne s’agissait pas avec eux des rythmes délirants de programmation dont ont pu être affublés des prétendus chefs d’œuvre de Sir Alfred, si nombreux, si bien répartis selon les chaînes, que l’indigestion devait gagner le plus résolu des  Hitchcockphages, celui doté de l’estomac le plus accommodant. Mais peu importe, puisqu’ils nous reviennent – et qu’avec eux (puisque les étincelants dialogues sont « bien de chez nous », livrés pour usage immédiat) on n’a pas à se poser le problème de la fidélité à la langue originale, qui à chaque trahison réalisée par le doublage ôte au film de l’authenticité, du naturel, de l’intérêt – à tel point que les délicats (ou les ridicules puristes, ou les exigeants à la sévérité hors de propos : j’en suis de toute manière) préfèrent parfois s’abstenir plutôt que de  découvrir une œuvre inconnue si elle n’est pas dans son emballage d’origine. Donc nous allons pouvoir une nouvelle fois (ma huitième ? ma neuvième ?) nous mêler aux badauds du boulevard du Crime ou du poulailler des Funambules avec le superbe brassage hétéroclite des aristocrates, des paillasses et des bandits en mal de popularité. Ce n’est rien de répéter après tout le monde que la distribution est fastueuse : je crois bien que chaque acteur a donné ici le meilleur de lui-même, le plus essentiel de son personnage, si bien que sa contribution à l’élaboration d’une intrigue merveilleusement combinée puis développée est éblouissante. Pareille somme de contributions éblouissantes ne pouvait aboutir qu’à un chef-d’œuvre absolu. Enjoy your movie, à quelque génération que vous apparteniez. C’est ce soir, ne le loupez pas….

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