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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 10:01

 

 

            Je pense toujours avec attendrissement et admiration à ces fileuses d’antan qui,   laine ou lin ou chanvre, filaient sans arrêt pendant toute la soirée. Pas une rupture de rythme, pas un ralentissement, pas une pause ni un accroc dans le déroulement de leur fil. J’aimerais pour ma part avoir trouvé un fil à dérouler entre les doigts, quitte à combiner le mouvement avec le jeu de la pédale, cette planchette d’olivier ou de noyer qui  entraînait la roue par son morceau de cuir souple – rien de si primaire, rien de si efficace. To spin a yarn, disent les Anglais pour dire filer (raconter) une histoire – on voit bien le mouvement de la fileuse entre les doigts de qui sortent les torons enroulés en un fil désormais unique, comme une histoire unique à partir d’éléments séparés qui ont été fondus avec habileté. J’aime l’idée que mes entretiens avec vous, mes belins-belines, pourraient sortir de moi comme un fil de lin ou de chanvre, en continu, ne s’arrêtant que lorsque je désirerais faire une pause pour vous parler. Ou l’idée d’un filon, encore, proche du point de vue sémantique, qui se déroule comme une veine dans le sol, qu’on n’a qu’à suivre avec un peu  d’attention, qu’on peut creuser ou interrompre pour en discuter mais qu’on reprend sans problème par la suite – jusqu’à épuisement, bien entendu. Et c’est drôle que cette fabrication de fil doive se faire dans la sérénité – les compositeurs nous ont fait des chœurs de fileuses à qui mieux mieux. Et regardez l’alligot : dès que vous tirez à la cuillère sur la masse de purée et de tome de brebis en train de s’agglomérer, ça fait des fils et « c’est la fête » ! Puisqu’on vous le dit sur la couverture du paquet !

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