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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 21:16

         « Les godillots sont lourds dans l’sac, Les godillots sont lourds »…

C’est sur cet air de valse musette détournée de sa mission que les pauvres troufions tentaient de se donner du cœur à l’ouvrage dans la dernière partie de la marche, avec bien probablement les pieds lourds dans les godillots. Je les ai vus de près, lorsqu’en septembre 39 les appelés restaient trois ou quatre jours cantonnés dans la cour de l’école de mon père, en attendant d’être envoyés au front avec des uniformes dont la taille  ne leur convenait pas et sans doute aussi des armes dont les munitions n’étaient pas les bonnes. C’est tout de même ce que dans le pays on appelait, depuis des générations et au plus haut des sphères officielles, « ne pas manquer du moindre bouton de bottine ». On a pu voir la suite. Lesdits troufions d’ailleurs – j’avais pu de la terrasse assister à la harangue du chef de bataillon s’adressant à la troupe qui remplissait la grande cour de récréation – savaient très officiellement ce qui les attendait puisque, après avoir dûment levé la main quand on leur avait demandé quels étaient ceux dont les pères étaient morts au casse-pipe de 14-18, ils avaient reçu en guise de bénédiction le jovial constat que maintenant c’était leur tour….J’ai souvent  pensé à l’énormité de leur barda qui les transformait en bêtes de somme – avaient-ils jamais eu les uns et les autres l’occasion de s’en servir ? le quart, la gamelle, le sac de couchage, la baïonnette,  le casque, le masque à gaz … Pourtant ce soir c’est le poids des godillots qui pèse sur mes épaules. Devinez pourquoi, mes belins-belines ! Je suis sûre que vous êtes assez futés pour ça.

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