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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 10:32

 

 

            Comme si nous n’avions pas déjà assez à faire avec nos vraies affaires ! Les vraies, oui : celles qui se définissent par des noms, des lieux, des dates,  des circonstances,  des témoins, des partenaires – souvent aussi des sommes, ou du moins des chiffres. Rappelez-vous : du temps de l’affaire Tapie, ou de l’affaire Woerth, on savait sur quoi ça portait, les chiffres étaient impressionnants et de toute façon tout passerait sous le nez de la justice et serait jusqu’au dernier cent extrait des poches contribuables,  sans profit pour personne sauf naturellement desdits coupables de détournements, prévarications,  trafics illicites, fausses factures,  délits d’initiés, escroquerie,  abus d’influence   et tout ce qu’on peut imaginer. Au moins c’était du solide : on comprenait ce dont il était question, même si, comme on disait dans Marivaux, on n’en pouvait tâter que d’une dent. Même s’il n’est pas question d’argent mais simplement de gaudriole, là encore on a de quoi faire : des présidents américains, des presque présidents de république, des ministres – on leur ajoute des noms de victimes, des plaintes en bonne et due forme, des chambres d’hôtels de luxe ou des bureaux ministériels, des dates et heures, et tout ça nous fait un  beau petit ensemble, avec empreintes digitales ou ADN, Carbone 14 ou autres gadgets (j’allais dire aussi, emportée par mon élan, IVG et AVC, mais je crois qu’il s’agit d’un autre domaine). Le tout prêt à affronter carrément les tribunaux avant d’être enterré comme il se doit, dans l’indifférence générale, une fois que tout le monde a oublié. Au moins, ça, c’était de l’affaire ! Mais voyez où on en arrive de nos jours : on sait tout juste qu’il s’agit de pédophilie, toutefois on ignore qui est accusé (c’est un ancien ministre, nous dit-on, vous voyez si la tâche est simple), quand ça s’est passé, si c’était fréquent ou accidentel, qui a été victime, si ça dure toujours. « Quand on n’a pas de preuve, on ne dit rien », dit un ancien ministre qui ne fait que dire sans rien dire tout en disant. Comment voulez-vous qu’on s’en sorte ? Comment voulez-vous qu’on arrive à la vérité, cette vérité qui est la sève même dont nous nous alimente, qui est notre gelée royale ?

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