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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 08:36

Mea culpa du N° 614 de samedi : « Le commentaire ne m’avait pas frappée. ».

 

            Je me sens toute légère, exactement comme après le confessionnal tel que j’imagine que ça doit se passer. C’est beau de commencer sa semaine de besogne sans bagage,  comme le Voyageur d’Anouilh dont l’amnésie le dédouanait des méchancetés, vilenies et autres compromissions d’une première phase de vie au point qu’il pouvait, avec un peu (beaucoup) de chance et en choisissant bien sa famille,  repartir du bon pied  pour une nouvelle existence. Donc toute légère je suis pour continuer mes harcèlements concernant l’expression écrite ou orale (j’espère qu’on n’aura pas encore fait entrer dans la Constitution ou dans le Code de procédure pénale  ce type de harcèlement-là avant que je ne passe l’arme à gauche  - parce que j’y vais, mes belins-belines, mais oui, j’y vais, et vous aussi). Hier je me suis arrêtée faute de place, mais je tiens spécialement à épingler une tendance désastreuse qui se répand insidieusement de nos jours sur les ondes ou la toile : «  espérer que » se construit avec un futur (j’espère que tu pourras venir) et non, comme le veut la coquetterie de style ambiante, un subjonctif. C’est le verbe « souhaiter » qui est responsable de cette attraction modale, car lui a besoin du subjonctif (je souhaite que tu viennes, que tu puisses venir). Or le mélange des régimes se fait impavidement, même chez les politiques (vous pensez bien que je ne décortique leurs discours et allocutions que sur le plan de la grammaire et du style, pour le reste ce ne sont que fades billevesées ou promesses éhontées)… Une autre chose irritante et sotte : « C’est de cette année-là dont je vous parle » - soit il faut « C’est cette année-là dont je vous parle », soit « c’est de cette année-là que je vous parle ». Simple pourtant, et si logique… Méfiez-vous en, si vous pratiquez la formule étourdiment (attention : ici  –ment s’ajoute au masculin de l’adjectif, c’est une de ces exceptions pleines de traîtrise qui font trébucher quand on veut faire du travail fin…). En bref : soyez sans cesse sur le qui-vive ! Courage…

                                                                                               Lucette DESVIGNES.

 

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