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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 15:04

Est-ce le contexte calendaire, cette Toussaint à peine passée, cet Armistice évoquant les morts des guerres ? Est-ce aussi que j’ai reçu des commentaires, tous  graves,  sur mon sujet d’hier – la mort courageuse de mon voisin ? Toujours est-il que je me sens portée à y revenir. On vient entre autres de me parler d’une dame de mon âge qui a tout préparé pour après elle. C’est bien, c’est digne, c’est ce qu’il faut faire. C’est ce que j’ai déjà fait il y a longtemps : papiers à ranger et préserver, obsèques à organiser et à régler, consignes pour les chats à mettre en ordre (arrangements avec ma SPA locale – pas celle de Paris, grands dieux, oh que non ! je vous en parlerai un de ces jours, de celle-là – aussi bien pour mes résidents bien aimés que pour les SDF qui viennent matin et soir à mes resto du cœur et qui sont eux aussi mes bien aimés), dévolution des objets ou meubles que je voudrais voir hébergés chez des gens que j’aime (longues listes tâtonnantes, c’est en train depuis des lunes et c’est loin d’être fini, et cependant il faut se hâter, beline, la journée s’avance…). J’ai toujours pensé à la mort, jour après jour, je l’ai non seulement acclimatée en moi mais, même, naturalisée. J’y pense à chaque instant, sereinement, sans la moindre crainte, il m’arrive même de plus en plus souvent – un essoufflement trop marqué ? un passage à vide ? le coeur qui manque ? - de croire qu’elle est arrivée, je l’accueille sans problème. Ce que je refuse de toutes mes forces parce que j’en ai peur, c’est la souffrance. En face de la souffrance physique je ne sais pas ce que je ferais. Je perdrais tous mes moyens sans doute, tout contrôle sur moi-même, donc je ne serais plus moi-même si ma lucidité était atteinte. Mais j’en reste encore aux Si et aux Peut-être … c’est pour cela que j’enviais mon voisin d’hier qui sait, lui, et qui attend parce qu’il n’a plus beaucoup à attendre.

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commentaires

S
<br /> Pardonnez les fautes d'orthographe qui se disséminent au travers de mes messages : je ne parviens pas à produire un texte exempt de fautes avec ces maudits claviers, qui me réduisent la pensée en<br /> hachis.<br /> <br /> <br />
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S
<br /> L'humanité d'un être - je crains d'enfiler des banalités à la chaîne, tant il est malaisé de traiter honnêtement de la mort, surtout de la mort futur d'un proche, et bien davantage de la sienne<br /> propre - se signale à ce qui ne tient pas du détail : oui, nous nous survivrons dans la pensée des êtres auxquels nous aurons donné des objets qui nous étaient chers (et déjà, nous nous survivons<br /> en nous projetant au-delà de notre fin inimaginable, et en jouissant du plaisir, tout intérieur et personnel, d'imaginer ce futur des choses après nous).<br /> Nous ne savons rien, si ce n'est par l'amour que nous portons à nos morts, et par le souvenir de leurs souffrances, de ce que sera notre mort ; c'est un dur labeur de mourir, c'est déjà<br /> beaucoup.<br /> Resteront ces objets, que nous aurons destinés à d'autres et dont nous aurons eu la représentation chaleureuse dans leurs nouvelles demeures ; resteront ces animaux, et ces rois sibyllins que sont<br /> les chats, confiés à d'autres, en confiance ; resteront quelques arbres plantés et ces fleurs qui auront fait souche ; resteront quelques échos de souvenirs au cœur de ceux qui nous aimèrent ou<br /> nous apprécièrent ; resteront les écrits, les romans, tout ce qui a été votre vie sensible mise en langage humain, Madame Desvignes.<br /> <br /> Merci de ponctuer nos jours par votre présence.<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Merci Lucette pour les blogs de ces derniers jours empreints de sagesse et de sérénité.<br /> Elisabeth<br /> <br /> <br />
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