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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 11:28

 

 

            En même temps qu’un mouvement de défense qui pousse à se détourner, on ressent en face d’un individu menotté une intense excitation. Sans cela, les télévisions n’auraient elles pas, facilement, trouvé le moyen d’occulter pareilles images ? La presse écrite de son côté n’est-elle pas toute faraude de pouvoir exhiber une photo de sortie d’un commissariat ou d’un prétoire, et d’autant mieux que quand l’individu est caché sous une veste n’importe qui pourrait prendre sa place et jouer le jeu pour les photographes ? Mais il y a des cas, naturellement, où le doute sur la personne n’est plus permis : on vous montre le visage en long, en large et en travers, on souligne son air abattu ou fermé, ses traits tirés,  son hébétude, à l’évidence preuve d’une mauvaise conscience. Le fonctionnement de la justice américaine  est plus complexe, plus expéditif dans les premiers temps, plus officiellement ouvert aux ressentiments personnels que chez nous, et mon propos n’est pas d’examiner les points de ressemblance ou de divergence dans les deux systèmes. Je conçois d’autre part que lorsqu’un prévenu (pour les USA, à ce stade, on fait déjà figure de coupable) se voit retirer la possibilité d’être remis en liberté sous caution, cela puisse faire l’effet d’un coup de tonnerre dès que ledit prévenu jouit d’une certaine aura personnelle voire internationale. Et que les conséquences puissent s’en découvrir dans tous les azimuts se comprend aussi. Pourtant qui ne trouverait normal qu’indépendamment de cette fameuse aura un prévenu soit, en tous les pays du monde, traité comme n’importe quel autre ? Un délinquant est un délinquant, pas de pitié pour les canards boiteux, qui casse les verres les paie…Le droit de cuissage a disparu de jure  depuis l’abolition des privilèges : ne fermons donc pas les yeux lorsqu’il y a infraction impertinente et délibérée, même s’il est de notoriété publique que tous les grands de ce monde jouissent de privilèges que vous ou moi croyions abolis depuis près de deux cent cinquante ans.

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