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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 09:20

 

 

            Malgré moi, je ne peux m’empêcher de revenir sur cette philosophie du comportement animal qui semble régir ces migrations délirantes. Ces milliers de kilomètres, dans les eaux ou à travers les airs (un dix minutes sur les baleines montre les mères le ventre vide pendant des jours et des jours, continuant à allaiter leur baleineau jusqu’au moment d’arriver en Alaska où enfin elles vont trouver des nuées de petits poissons pour se sustenter – alors qu’elles sont au bord de l’inanition – et pour en quelques semaines se refaire des réserves pour le voyage de retour) représentent bien plus que le cours d’une vie humaine. L’appel du pays natal, l’accumulation des épreuves en général collectives (il faut voir par exemple les quantités de saumons qui se lancent avec désespoir à contre-courant pour sauter des rapides et remonter plus avant et qui meurent d’asphyxie ou des contusions récoltées contre les rochers, ou encore les entassements d’anguilles arrivant à bout de souffle au terme d’un périple dont nous ne comprenons pas le sens), le caractère effarant des distances parcourues y compris par les papillons – des milliers de kilomètres toujours selon les mêmes itinéraires – imposent à tout le règne animal des lois brutales et inexorables dont l’absurde plairait à Ionesco. Qu’est-ce que c’est que cet instinct qui les pousse selon leur appartenance catégorielle, tous ensemble, par millions, sur les mêmes chemins d’air ou d’eau, diminués par les souffrances physiques, par les mauvaises rencontres, exposés à tous les aléas, sans le moindre espoir d’horizon un peu joyeux pour les encourager, avec comme seul objectif de procréer afin que les générations à venir puissent connaître le même absurde programme ? Ne me dites pas que cela s’articule avec la survivance du plus apte (autre loi brutale inexorable vérifiée d’autre part) parce que je vais me mettre à mordre.

 

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F
They may not be having sufficient time to spend on the research work with other academic activities occupying their attention.
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