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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 09:32

         J’ai acheté au moment de Noël un pot de mimosa si prometteur que je n’ai pas trouvé la force de résister. Les feuilles en petites aiguilles de sapin et non pas copiant l’eucalyptus : cela certes indiquait que les fleurs seraient moins élégantes que les boules compactes de cette deuxième espèce, mais tout de même ces pompons plumeux seraient bien jolis aussi. J’ai donc rapporté dans mon salon une plante vigoureuse et colorée, garnie d’au moins sept ou huit rameaux tout en boutons, l’ensemble   m’offrant au moins une centaine de petites fleurs qui dureraient bien, avec mes soins, une bonne quinzaine. Pour un peu j’aurais déjà senti les effluves embaumés des forêts du midi, ceux que transportaient à pleines brassées encombrantes les représentants du Troisième Age remontant de la Côte d’Azur en janvier avec les batteries remises en plein fonctionnement – une manière comme une autre de narguer les gens qui prenaient les mêmes trains qu’eux mais, eux, pour aller à leur travail et non pour occuper leur retraite. Oh les coups d’œil qu’ils recevaient lorsqu’on les croisait avec difficulté dans les couloirs des grands rapides n’étaient pas chargés de tendresse, loin de là, et pourtant c’était à l’époque la catégorie sociale qui assurerait la prospérité de la nation puisqu’ils représentaient la troisième force économique. Je ne prends plus les grands trains en milieu de semaine comme quand j’étais membre des classes laborieuses et regardais le mimosa des retraités d’un œil torve. Mais je ne peux même plus regarder mon mimosa fleurir dans son pot : les petites boules jaunes se sont racornies, se sont desséchées, se sont rabougries malgré mes soins, aucun espoir de floraison pour cette année – y a-t-il même vraiment un espoir que la plante puisse supporter la transplantation dans le coin le plus abrité de mon jardin ?

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