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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 10:55

    

                 Moi, que voulez-vous, quand je ris, je ne sais plus où j’en suis ! Déjà que je ne sais pas compter au-delà de dix, mettons vingt pour faire bon poids… Alors, vous m’imaginez dès qu’on dépasse la centaine ! Mais oui, mes agneaux, mais oui, mes petits pigeons, on a dépassé la centaine, et même bien plus, puisqu’on en est à 502. C’est même hier que je devais vous in- former de la chose, en accusant déjà un jour de retard – toutefois, j’avais à vous faire part de mes émotions et frissons devant le prêcheur noir et ses états d’âme meurtriers, tant pis, le boulot d’abord. Ce qui fut dûment fait – approximativement CQFD, comme on nous faisait mettre dans le bas de nos devoirs de maths pour prouver qu’on était arrivé à bout des difficultés (moi je mettais souvent les quatre lettres fatidiques en grosses majuscules appliquées à la suite d’un raisonnement aberrant et d’un résultat douteux qui pour moi ne faisait aucun doute : je savais « de plante et de racine », comme on dit dans Marivaux, que j’avais tout faux. Eh ! bien imaginez-vous que cela ne me faisait ni chaud ni froid, mon amour-propre ne tremblait pas dans ses bottes, j’attendais la note avec passivité et sans comprendre la correction. Je savais écrire « Racine de », ça relevait du graphisme, c’était un V majuscule superbe auquel on ajoutait un petit auvent, comme dans les crèches des nativités du XIVème ou du XVème. L’embarras venait de ce qui suivait ou devait suivre sous l’auvent: B2 – 4AC sur 2A, ou quelque chose d’approchant si mes souvenirs sont exacts. Qu’en faire ? Et puis, racine de Bédeux moins quatre AC sur deux A, qu’est-ce que ça voulait dire ? A partir du moment où on avait voulu m’apprendre que c’était plus facile de tout calculer si on remplaçait les chiffres par des lettres, j’avais perdu ma confiance native en la nature humaine : vous me voyez remplaçant les lettres par des chiffres dans mes versions latines ou mes dissertations, sous prétexte que ça se lirait mieux ? Le doute, donc le pessimisme, sont dès lors entrés en moi pour y faire leur nid…Nous voilà donc à 502 : je vous en reparlerai demain, il me semble tout de même que ça mérite.

                                                                                             Lucette DESVIGNES.

 

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