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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 14:58

 

 

            Cette mode toute récente des choses naines, ou nanifiées exprès, dont je viens de vous parler peut être interprétée, au fond, comme une sorte de protestation inutile mais nécessaire ontologiquement contre la mondialisation. Les globalisations, les planétarisations de toute sorte, en effet, ont tellement eu pour résultat d’écraser l’individu, de le proclamer aussi exposé qu’un moucheron aux coups de la fortune, qu’instinctivement il développe une contre-attaque dont bien entendu le résultat ne lui sera pas favorable. Cela me rappelle un dessin  délicieux de Dubout, dans lequel il y avait comme à l’habitude un tuyau d’échappement réparé de travers avec une ficelle et surtout un petit homme, manches retroussées sur ses bras maigres aux biceps défaillants mais la moustache fière, qui défiait un autocar chargé de voyageurs : « Approche un peu, grand lâche ! » disait-il en lui montrait le poing. La défense de notre individu ressemble assez à ce défi insensé entre forces inégales. Plus nostalgiquement, on peut aussi rapprocher de cet amour du nain fabriqué la tendance au bonzaïsme qui atteint les êtres chargés d’ans, lesquels se ménagent pour tâcher de durer davantage. On supprime l’apéritif, puis le vin aux repas, puis le café, puis le sucre, puis les sorties, puis le cinéma même dans l’après-midi, puis les veilles un peu prolongées, puis les gestes brusques, puis le lever de choses lourdes…A partir d’un  certain âge,  on a donc tendance à occuper moins de place, à  apprendre à devenir invisible en se privant de tout ce qui, relevant de la physique du corps, fait désormais figure d’extravagance si on a entrepris de se ratatiner… Pas sympa la manœuvre, mes belins-belines !

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commentaires

S
Oh oui, Lucette, cela me fait aussi penser à ces jardins du bouddhisme japonais, qui sont censés représenter l'univers, les îles des Bienheureux et les terres arides de notre vie, tandis que les<br /> bonzes, d'un râteau soigneux, tracent les pourtours et les alentours marins : voilà une miniaturisation symbolique, qui ne fait souffrir à l'agonie aucun animal, comme dans ces porte-clés où sont<br /> inclus des animaux dans un jus nutritif, leur laissant trois jours de vie.<br /> <br /> Quant à l'économie des moyens, sur le tard de la vie, restant sur ma note bouddhiste, il paraît que le Bouddha ne se nourrissait, dans son extase que d'un grain de riz ; il paraît aussi que des<br /> techniques de vieillissement, heureusement maîtrisée, vous font entrer tout droit depuis la vieillesse consommée jusqu'à la mort la plus apaisée.<br /> <br /> Mais ce ne sont là que japonaiseries et niaiseries religieuses ; il n'empêche qu'un jardin zen est beau !!!
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