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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 10:26

Je pense souvent avec nostalgie aux belles soirées qu’offrait la télé quand elle n’avait encore qu’une chaîne, à « Cinq colonnes à la Une », à « La caméra explore le temps », à la dramatique du mardi qui donnait aussi bien « Les Perses » d’Eschyle qu’une authentique Arlequinade des Italiens du premier quart du XVIIIème – au florilège de films étrangers du vendredi soir en VO, soviétiques, allemands, italiens, japonais, bulgares… Que n’y ai-je appris, quels trésors à jamais confisqués ! Il y avait peut-être déjà la deuxième chaîne, sans doute même, dès lors qu’on fait intervenir le cinéma de qualité. Le tout en blanc et noir : avec ces deux chaînes-là on pouvait aller jusqu’au bout de la vie. Maintenant nous en avons à la  charretée, de ces programmes, et du privé et du public, et pas un qui vaille mieux que l’autre. Je pense qu’on  n’avait pas encore inventé l’audimat, ce tueur de la qualité, cet entremetteur de la facilité médiocre, ce niveleur de toutes les débilités à la mode. Il a le malheur d’être le tyran exclusif des sélecteurs de programmes, donc adieu tout souci de qualité (ils l’appellent si vite « élitisme », avec une telle moue de consternation et de mépris…). Ils se plient si facilement à la prétendue « Vox populi » que les minorités intellectuelles - celles qui ne renâclent pas devant l’effort de la découverte, devant le plaisir conquis sur un peu d’effort – n’ont plus la moindre chance de se faire entendre. On les nie, tout simplement. A la niche ! Pourquoi pas, puisque quand le public se mêle de lire il se construit des vainqueurs du niveau le plus débile, le plus élémentaire, le moins raffiné qui soit ? Oh je pourrais donner des noms… Trois ou quatre déjà, qui pourraient se retirer du business les poches pleines, après avoir semé des centaines de milliers de petites merdes un peu partout. Oui, je suis en colère. Oui, ça m’arrive. Eh bien oui, oui, oui quand l’enjeu est la qualité, le niveau, la valeur de l’écriture,  ça m’arrive immanquablement. Je n’ai pas fini de me montrer à vous sous ce jour-là. A demain !

                                                                                  Lucette DESVIGNES.

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