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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 08:53

J’avais rendez-vous au N°60. Le trottoir encombré d’une pelleteuse, je rejoins finement le 58 – une clinique, vous pensez, on peut l’atteindre par bien des portes. Au 58, une grosse pancarte : « Tirez FORT ». Je tire de toutes mes forces, au risque de me retrouver projetée par terre, mais ça s’ouvre. Un petit palier, avec à gauche une pancarte : « Médecin de garde ». Et en dessous : « Rejoignez directement la salle d’attente au-delà  des quelques marches, à droite, et attendez ». Bête et disciplinée comme je suis, je me hâte vers les quelques marches très visibles derrière des portes en verre, mais les portes sont bloquées, tirer pousser même combat mêmes effets. Je rebrousse chemin : après tout, je n’en ai pas besoin, de ce médecin de garde ni de cette salle d’attente-ci, il y en a probablement une qui m’attend ailleurs. Je sors du 58, docilement je rejoins le 60 en contournant adroitement la pelleteuse. Au 60, grosse pancarte : « Prière d’utiliser la porte de gauche ». Pas besoin d’explication : on comprend tout seul que celle de droite est bloquée. J’entre donc par la gauche, de nouveau des pancartes : « L’Ascenseur est au fond du couloir à gauche ». Je trouve l’ascenseur si bien indiqué, mais sur quel bouton appuyer pour l’appeler ? D’autant qu’une lumière clignote peureusement entre plusieurs boutons, pourvu qu’il n’y ait pas de panne en préparation ! J’entre dans l’engin arrivé devant moi par miracle et s’ouvrant. A l’intérieur une grosse pancarte : «  Vous voilà dans l’ascenseur, ne paniquez pas !(sic) Il sert d’entrée à la clinique. Appuyez sur le bouton correspondant à votre secteur ». Une autre grosse pancarte avec une flèche verte indique aussi : « Pour la sortie, appuyez sur Rez-de-Chaussée ». Cette sollicitude a quelque chose d’inquiétant ; je suis sûre que bien des timorés ont tout de suite pris la poudre d’escampette, mais je sens en moi une indomptable bravitude et j’appuie sur le 3 - non que je sache quel est mon secteur, mais si je me trompe d’étage je préfère descendre que monter. Le 3 est atteint, j’attends face à elle que se reploie la porte de l’engin, mais une autre porte s’est ouverte derrière moi et une poussette d’enfant (avec l‘enfant dedans) me cogne les mollets car elle veut descendre. Je compte mes abatis et avance fièrement. Un comptoir, une femme qui me demande si j’ai RV . «  Passez là, on va venir ». C’est elle qui revient, pourquoi m’avoir fait croire à une surprise ? Poids, taille, âge (elle compte sur moi pour tout ça, elle ne vérifie rien, tant mieux) « Vous a-t-on déjà endormie ici ? » Oui, mais je ne sais plus quand. Je ne sais plus non plus le nom du docteur. Elle fait la moue, tout en écrivant des phrases et des phrases. Elle s’en va, elle a trié des papiers dans la liasse que j’avais préparée selon des indications antérieures précises, elle me dit au passage « Je garde ça » puis par-dessus l’épaule « On va venir ». On vient. Un monsieur grincheux qui ignore qu’on échange des bonjours. Il ouvre des feuilles de Sécu, signe ici et là au moins dix ou douze fois, soupire, se lève , prend ma tension sur ma manche de pull-over, s’en va – pour de bon, je ne le revois plus. Je sors sans qu’on m’y ait invitée, on me rappelle – hep ! je dois 28 euros. Je règle, je sors sur le trottoir après une balade en ascenseur. C’est bon de se retrouver en vie…

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