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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 10:00

 

           Décidément, le problème de désirer mourir dans la dignité tracasse beaucoup nos amis britanniques. J’ai déjà signalé – et commenté – à plusieurs reprises leur traitement de ce thème ; ils y reviennent de temps à autre et les soins palliatifs, qui chez nous font couler beaucoup d’encre, n’apparaissent pas dans leur présentation du problème. Le cas de la femme médecin  tout à fait lucide sur son état de dégradation physique irréversible et atroce qui part pour la  Suisse afin de conquérir ce droit ultime à disposer de son être exposait surtout les remous provoqués dans la famille – époux et enfants – par cette décision jugée tantôt égoïste, tantôt héroïque, et ses conséquences duraient longtemps. Il y avait aussi, très didactique, le cas de cette ancienne infirmière qui amenait deux amis infirmiers à lui permettre de mettre fin à ses douleurs et à sa déchéance physique par l’injection idoine, après enregistrement d’une vidéo la montrant parlant avec difficulté mais nettement, réclamant son droit à mourir, présentant ses deux héroïques amis (qui s’exposaient aux pires poursuites) et établissant la grandeur de leur décision, donc leur innocence au regard des inculpations de meurtre – le procédé devrait, à mon avis, être adopté pour chaque aide à mourir, ce « suicide assisté » qui n’ a pas encore convaincu tout le monde, tant s’en faut, de ce côté-ci de la Manche. Le cas vu hier concerne un adolescent de 18 ans qu’un accident de moto a condamné au fauteuil roulant du tétraplégique  et qui dans son désespoir réclame d’en finir : l’épisode,  sagement, le ramène à la raison, lui qui, loin d’en être en phase terminale d’une maladie dégradante irréversible, a encore devant lui, si difficile que doive être son existence, les capacités de son esprit et de sa volonté pour garder sa place dans la société. Il était salutaire de distinguer le cas de la décision de la mort par désespoir de continuer à vivre et celui de la disparition volontaire (avec l’assistance d’autrui) d’un condamné à ne vivre qu’en qualité de légume, toute personnalité éteinte ou contact devenu impossible avec l’extérieur. J’ai toujours pour ma part pensé que le même problème  - souhaiter en finir – ne se posait absolument pas dans les mêmes termes. J’ai peut-être tort, mais la fin du débat n’est pas encore pour demain.

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