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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 09:38

J’aime le parti que les pâtissiers de chez nous savent tirer des fêtes, carillonnées ou    civiles tout autant. Ne vous affolez pas si vous n’avez pas encore mangé de galette : il y en a pour jusqu’à la fin du mois, et d’ailleurs la Chandeleur tend son nez,  entraînant l’avalanche concurrentielle des bugnes, oreillettes ou fantaisies de toutes qualités (il vaut mieux être vigilant sur ce point ; c’est comme pour le fourrage des galettes des rois, un mauvais flan à la courge pour remplacer la frangipane riche en amandes ça se trouve souvent, je vous l’assure). Si vous êtes conservateur, donc, vous en êtes encore à la galette et à ses couronnes ; si vous aimez l’avant-garde, vous en êtes déjà aux beignets, depuis Carnaval jusqu’à la mi-carême. Ensuite il y aura Pâques, avec l’inventivité sans limite des pâtissiers sur le thème de la colombe, lequel se prolonge jusqu’à l’Ascension. J’ai même connu un biscuit de Pentecôte, autrefois, mais il ne me semble guère avoir pris racine : la faute en incombe aux fêtes des mères, des pères, des grands-pères, des grand-mères, qui remplissent les vitrines de gâteaux bariolés aux inscriptions irrésistibles. En août, ça se calme un peu : les pâtisseries ferment pour cause de vacances. Mais ça reprend de plus belle avec la rentrée,   et à peine a-t-on pénétré dans les brumes automnales qu’Halloween se profile : cela m’étonnerait beaucoup s’il n’y avait pas des créations artistiques vénéneuses à la clé, pour faire durer les impatiences jusqu’à Noël et au Jour de l’An. Aux Etats-Unis, ce ne sont pas trop les pâtisseries qui marquent le calendrier (la vogue des gâteaux d’anniversaire que les parents commandent  en se creusant pour être originaux semble épuiser toute la substance des artistes de la surface, tandis que leur sens des couleurs – horribles verts, horribles violets, horribles orangés – est totalement émoussé), et d’autre part surtout ce sont les feux d’artifice et pétards qui célèbrent les fêtes : le 4 juillet, la fête du travail le 1er septembre, le Thanksgiving, le Homecoming…Bref, chez nous on bouffe plutôt et on arrose ; outre-Atlantique on apprécie davantage les explosions – une sorte d’entraînement à la domination du monde, en somme.

 

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commentaires

S
Et pour la fête de la Citadelle, il y avait les corniottes.<br /> Qui n'a point mangé une corniotte un jour ne sait pas ce qu'il perd.<br /> Amitiés.<br /> Saint-Cyr
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