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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 08:14
     A me relire (la première mouture de "La Dent dure" m'absorbe souvent, source de réflexion et de sagesse mais plutôt  résignation au pire que grand élan de fierté) je retrouve l'émerveillement, par dessus plus de quinze ans, éprouvé un dimanche après-midi devant la télévision de la Suisse italienne dont les programmes sur les animaux étaient en général intelligents et de qualité. Il s'agissait de montrer quel rôle les animaux pouvaient jouer dans la réinsertion  sociale (par exemple, par ces fermes thérapeutiques où des prisonniers purgent leur peine en s'occupant d'animaux de ferme ou de zoo) ou, encore plus directement, dans l'aide à domicile de certaines catégories d'handicapés (et, bien sûr, après entraînement adéquat). J'avais admiré deux minuscules guenons de six et sept ans s'affairant autour d'handicapées de style "peintres de la bouche et du pied" car privées de bras. Chacune s'occupe de "sa mère" avec une stupéfiante intelligence. Insérant des sandwiches dans l'appareil qui les présente à la bouche, glissant le pinceau entre les lèvres de l'artiste quand celle-ci le réclame, ouvrant un livre et le mettant sur une table inclinée, tournant les pages jusqu'à celle souhaitée, cherchant sur le bureau divers objets à la demande, installant la paille dans le gobelet et présentant le tout au moment où l'on a envie de boire... Tout ce que peuvent faire ces petites guenons (nous en avons vu deux, pour deux handicapées américaines différentes, dans des cadres différents et exécutant des ordres différents) est absolumen inimaginable. La tendresse avec laquelle elles font leur travail de nurse; d'aide permanente, parfois même semble-t-il allant au-devant des désirs de leur compagne, n''a d'égale que leur compréhension, qui vient du coeur tout autant que de l'esprit. Quand on pense que ce sont de préférence ces espèces-là qui sont charcutées dans les laboratoires, abandonnées à leur souffrance quand elle sont à bout de résistance et sûre de "ne plus rien donner" (si tant est qu'elles aient jamais pu donner quoi que ce soit au niveau scientifique de ces sadiques de la recherche, de ces malades du cervau qui se constituent dans leurs laboratoires des alibis permanents pour obtenir des crédits, sous prétexte de faire avancer la recherche médicale), on a envie - moi en tout cas - de se constituer en commando et d'aller attaquer ces repaires de modernes et purulents Frankensteins. Des jeunes le font, mûs par l'indignation, la colère, le sens de la justice : ils sont punis devant les tribunaux comme des criminels (je sais ce dont je parle) alors qu'ils tentent désespérément de faire quelque chose pou ne pas imiter les lâchetés de toutes les générations passées (dont bien sûr, effrayante, la nôtre), alors qu'ils seraient notre réhabilittion, notre rachat, notre dignité. Je m'arrrête, gonflée de fureur et de chagrin, prête à aller faire sauter les tribunaux pourris tout autant que les laboratoires. Les uns et les autres sont notre honte.

                                                                                                                         Lucette DESVIGNES.
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