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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 10:26

 

 

 

            Un ami fidèle (eh !oui, mes belins-belines : je ne l’ai jamais rencontré, mais il suit mes aimables gazouillis avec constance depuis le début,  il me fait des commentaires toujours judicieux, et puis que voulez-vous, il est presque originaire de Chalon, c’est quelque chose tout de même… Un auteur que je rencontre de temps à autre me dit à chaque fois : « Bonjour, ma payse ! » et je vous assure que cela me fait de la chaleur à l’intérieur, autant que la bise qu’il me réserve) un ami fidèle, donc, vient de m’envoyer par e-mail des photos prises au moment de la Libération, en pleins remous : banderole « Ortskommandantur » encore accrochée sur la Mairie, réquisition des chevaux, dégâts après l’explosion du wagon de cheddite de Californie, mise en lieu sûr de la statue en bronze de Nicéphore Niepce, notre gloire peut-être la plus éclatante, ponts détruits pour empêcher les occupants de les utiliser pour leur fuite… « Dites-moi bien, me dit-il plein de prévenances, si cela ne vous importune pas de revoir tout cela, auquel cas je m’arrêterais… » Bien sûr que non ! Je ne serais pas celle que je suis si je n’avais pas connu ce passé, je n’aurais peut-être pas cette horreur de la guerre qui m’a servi toute la vie d’axe de pensée. On ne peut contraindre par la violence sans s’exposer à la violence – les voies qui sautaient, les rails déboulonnés, les explosions dans les lieux où les Allemands se rassemblaient … y avait-il donc d’autres moyens de s’exprimer pour les citoyens de France  occupée ? N’étaient-ils pas baptisés terroristes, ceux qui résistaient ?De l’autre côté de ce faux bras de Saône qu’on appelle, je crois, la Genise, c’était la zone nonno, la zone non occupée, que même si on n’était ni en fuite ni menacé dans sa vie on regardait avec envie, car l’air y était libre et doux à respirer et on n’y entendait plus le bruit des bottes.…Comment ne pas comprendre le désespoir des malheureux dont l’occupation, le dépouillement, les souffrances de tous ordres durent depuis plus de soixante ans ?

 

 

 

 

 

 

 

 

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<br /> Professeur documentaliste, je vais avoir le privilège d'organiser une rencontre (préparée par les élèves et les étudiants, et leurs professeurs) entre une dame qui fut interné à l'âge de huit ans à<br /> la prison de Montluc, à Lyon, lieu sinistre de "tri" où les hommes de main du régime de Vichy et les nazis collaboraient pour torturer, "juger", déporter, exécuter. Cette dame avait une maman<br /> résistante au nazisme, et le plus touchant est qu'elle ne peut pas témoigner sans qu'elle ne soit accompagnée d'"une grande", tant est vivace en elle l'enfant qu'elle était, tant le temps psychique<br /> est de l'ordre de l'atemporel pour tout ce qui touche à l'infantile en nous. --- Oui, soixante ans après, cette dame est habitée par l'enfant qu'elle était.<br /> <br /> <br />
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