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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 09:35

        Vous savez tous, comme moi, comment va le monde, et quelles misères on y trouve, dans tous les pays. Des milliards de gens affamés, des enfants qui meurent toutes les minutes selon des proportions effroyables. Des populations déplacées, chassées de chez elles dans la panique, mourant de faim et de faiblesse sur les routes, réfugiées dans des coins innommables ou sous des abris faits de sacs en plastique. Des minorités exécutées dans les souffrances, les viols, les dépossessions, les tortures... Tenez, je ne peux m'enlever de l'esprit, choisie parmi des centaines d'autres images délabrantes, cette vieille paysanne roumaine à qui on venait arracher sa poule sous prétexte de la peste aviaire - le principe de précaution sans doute, l'une des aberrations avec lesquelles les nations régissent les maux du monde. Ce matin j'ai l'air de vous déballer mon sac, vous exhibant ce que j'y trouve dans le désordre, mais il y a des femmes qui font bouillir leur nourrisson pour le manger (c'est en Grande-Bretagne que le fait divers a été récolté il y a quelques années et je suis sûre que ça se pratique toujours à l'occasion, sans que j'aie envie de blâmer la pauvre mère). Tout cela dans le désordre et sans hiérarchie des gravités ou des responsabilités, l'eau croupie et malsaine bue par des millions de créatures et qu'il faut souvent faire des kilomètres pour rencontrer au fond d'un creux de sable ou d'un cours d'eau tari... Oh je pourrais vous en débiter encore jusqu'à demain, mais vous connaissez cela aussi bien que moi, mes belins-belines : je ne pourrais croire que vous ignoriez ces horreurs ravageantes ni que vous ne fassiez rien pour soulager ici ou là, selon l'occasion, selon vos moyens, le coeur crevé de ne pouvoir faire davantage. Eh bien il va falloir faire davantage, mes agneaux! On nous l'a révélé hier : les pharmaciens sont en faillite, ils ne tiennent plus le coup, ils sont aux abois, et certes il y a quelques années "ça marchait bien", dit l'un d'eux, mais à présent ils n'ont plus de marge suffisante, ils vont tous mettre la clé sous le paillasson, se déclarer égorgés, la faim les menace, ils auront bientôt à peine la force de se traîner dans les rues pour mendier un petit sou par-ci par- là. On nous avait tenus à l'écart de cette misère révoltante, mais je vous la signale haut et fort : cotisons-nous, faites quelque chose, fouillez vos poches, sauvez les pharmaciens de la misère la plus noire! Et merci d'avance pour eux!

                                                                                                            Lucette DESVIGNES.

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