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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 09:35

 

            « Un octogénaire plantait… Passe encor de bâtir, mais planter à cet âge ! » Notre ami La Fontaine auquel je ne reproche rien d’autre que son mauvais jugement sur les chats (il est totalement à revoir sur ce chapitre où il fut mal informé je ne sais par quel ami des chiens) a de l’ironie en réserve dès le début de cette fable-là, où il passe facilement aux vieillards entreprenants le besoin de confier à la terre des espoirs de lendemains qui chantent. Et il a parfaitement raison ! Je plante aussi, moi, à cet âge – certes, sans être sûre de voir s’épanouir l’arbuste dans toute sa plénitude, mais je vous assure que d’une année à l’autre on peut être ravi de voir les progrès qui se font dans votre dos, au fil des mois qui s’écoulent…Il s’agit de choisir les espèces, naturellement. Ainsi, j’aimerais avoir un albizia pour me rappeler la Floride – eh !bien tant pis, je n’en aurai pas dans mon mouchoir de poche, il faut être raisonnable. Mais les arbustes peuvent fort bien jouer le rôle de grands arbres, et se développer sans trop attendre. Rhododendrons nains tout couverts d’inflorescences superbes à chaque printemps, magnolias nains « garantis de fleurs précoces » (j’en suis encore à l’attente, mais avec quelle confiance !), et puis les touffes de phlox chaque année plus opulentes, les althéas qui prennent du volume, les lilas de Californie qu’on recommande de « tailler sévèrement » en mars (tant on a peur, sans doute, d’être envahi par la profusion des branches : n’est-ce pas là une peur absurde ?), le rhododendron classique qui depuis deux mois déjà prépare ses boutons et qui me permet ainsi d’anticiper sur les plaisirs de  l’énorme floraison de juin…Et les plantations de bulbes, alors ? Je sais déjà, depuis ce matin, où vont s’épanouir les tulipes à franges, les narcisses au cœur chiffonné, les jacinthes en théorie arrangées en camaïeu…Plantons, plantons, quel que soit notre âge ! de même que pour la calomnie, il en restera toujours quelque chose….

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commentaires

S
<br /> Vous nous rappelez, avec quelle patience et quelle gentillesse, sans avoir garde aux saisons et à leur retour cyclique, - qui découragent notre temps humain, - disposerait-on comme vous d'un petit<br /> jardin, comme moi d'un coin de cour en pleine ville, les plantes et les arbustes se retiennent avant de lâcher en belles collerettes ou en pendentifs efflorescents tout ce que contenaient leurs<br /> boutons, en puissance. Et, à chaque fois, nous aurions tort de ne pas nous étonner, puisqu'il n'y a là nul temps recommencé, mais la verdeur qui jaillit, encore, mais différemment. Et oui, avec<br /> quelle patience, mêlée de l'indifférence de tous les jours plats, nous aurons attendu ce moment du bourgeon qui éclate, et qui nous surprend d'une nouveauté souveraine.<br /> <br /> <br />
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