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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 12:00

 

 

            Prenons l’Affaire (parce que c’est comme pour l’Affaire du temps de Zola, vous savez, sauf que c’est hautement rigolo) par l’autre bout de la lorgnette. Dans un premier temps,  vous avez une femme de chambre modèle. La Direction de l’hôtel de luxe où elle a rencontré son destin, dès la première heure, vous garantit qu’elle a toujours donné toute satisfaction, depuis trois ans qu’elle fonctionne dans l’établissement : aucun reproche à lui faire. D’où première déduction : si elle a fait encore le ménage de trois chambres après avoir été attaquée, c’est sans doute qu’elle avait peur d’être mise à la porte si elle partait en avance ou faisait des histoires, et pas forcément parce qu’elle n’avait pas été attaquée. Premier coup de vent : la Direction, après enquête sur la fausse victime, se fait moins euphorique. Elle a peut-être des faux-papiers, on n’y a vu que du feu, on l’a retirée de la circulation pendant deux ou trois semaines pour ne pas attiser les curiosités, au fond on ne sait rien d’elle, et les femmes de son genre sont souvent de mœurs faciles. Deuxième coup de vent, prolongeant l’effet girouette : la Direction ne peut être tenue pour responsable des agissements des femmes de chambre, après tout elles disposent d’une liberté personnelle, l’essentiel est que ça ne soit pas pris sur le temps du boulot. Troisième coup de vent : toute personne prétendant que les femmes de chambre de l’hôtel ont des mœurs faciles sera poursuivie par devant les tribunaux pour attaque calomnieuse de l’honorabilité de l’établissement. On peut dire que cette femme est une menteuse, qu’elle deale de la marijuana, qu’elle est connue pour ses activités de prostituée (ça vient tout d’un coup, cette révélation-là) : la Direction fait son Mea Culpa puisque ladite immigrée  a échappé au strict contrôle de moralité de l’hôtel. Qu’ils se  débrouillent tous les  deux. Le monsieur si bien sous tous rapports est le bienvenu dès qu’il se représentera dans l’établissement, on offrira même un  bouquet de bienvenue à sa dame, avec fruits et friandises pour VIP. Qu’il ne soit pas dit que les réclamations ou déclarations des classes salariées outrageusement revendicatrices se fassent entendre en priorité dans ce noble établissement. Le client est roi, point barre.                                                                                                                          

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