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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 09:46

Prolongations dommageables pour la vis dramatica…

 

            Quand je vous parlais tantôt de la règle des impératifs commerciaux commandant le développement, voire l’extension indue, d’un scénario… Ah ! ces filons à exploiter jusqu’à l’écoeurement ! Ne croyez pas, mes belins-belines, que le dors-bien et son inscription cocasse aient déjà pu jouer leur rôle ! Mais non : le filon à exploiter pour l’instant est l’attitude de zombie de la fausse mère de Tommy. Livide, muette, sans un sourire, refusant de nourrir l’enfant, elle n’a rien de la mère radieuse qu’elle devrait être, et la famille a toutes les peines du monde à apercevoir le bébé. C’est le blues de la naissance, dit-on. Et le scénario en profite pour jouer avec les nerfs des détectives improvisés que nous sommes (naturellement je vous enveloppe dans ma disposition à pêcher la vérité, laissez-vous faire). Chaque effort de la malheureuse pour avouer que Tommy n’est pas son Jimmy – première étape vers la confession complète avec détails – est mal interprété parce qu’on croit qu’elle déménage quelque peu, trop frappée par la mort du bébé des voisins. On la plaint, on n’écoute rien de ce qu’elle bredouille. Ainsi elle se force à dire « Notre bébé est mort la nuit dernière » à l’assistante sociale, laquelle l’apaise en l’adjurant de reprendre ses esprits. Lorsqu’elle enveloppe Tommy dans son landau pour le ramener chez lui, quitte à tout expliquer à une famille en deuil par sa faute, son mari intercepte le landau et rentre le bébé à la maison sous prétexte qu’on ne sort pas un nouveau-né par un froid pareil. Quand elle essaie de se confier à sa sœur, celle-ci (il faut dire qu’elle est vraiment sans finesse, celle-là, et depuis longtemps) l’exhorte à voir son bonheur et à laisser les voisins faire leur deuil tranquillement. C’est donc malgré elle qu’on lui impose de continuer cette comédie sinistre, et le scénariste va bien encore trouver une ou deux  occasions de jouer les prolongations. Faudrait pas que ça dure trop, tout de même !

                                                                         Lucette DESVIGNES.

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