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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 10:46

 

 

            C’était un titre qui courait familièrement dans la presse ou à la télévision il y a quelques années : il faisait allusion à une œuvre de l’écrivain américain Susan Sontag, ou à l’un de ses essais – peut-être même partie prenante dans une controverse à propos d’une de ses théories philosophiques (vous voyez le flou de mes précisions : je n’étais guère versée en ce domaine mais je connaissais la formule pour l’avoir rencontrée à plusieurs reprises). Il y a parfois de ces expressions qui prennent comme une mayonnaise instantanée : la morosité lancée par Giscard, la force tranquille de l’équipe Mitterand, l’abracadabrantesque de Chirac, combien d’autres, qui s’agitent un instant et puis meurent de leur douce mort sans avoir nui ni servi à quiconque. Qu’on pense à ce fameux « Omar m’a tuer ! » dont la France entière a réprouvé l’orthographe alors que, si on n’avait pas démonté les mécanismes de la grammaire des accords, combien de citoyens auraient laissé passer la chose sans broncher ? Eh bien ce « Cherche Suzanne désespérément » qui, après tout, était peut-être même un titre de film (il me semble vaguement, d’ailleurs, en relation avec les colonnes des petites annonces, qui pourra me dire pourquoi ?)  va m’être bien utile aujourd’hui. Car j’en cherche une, moi, de Suzanne – pas encore désespérément bien entendu : tant qu’y a d’la vie y a d’l’espoir , mais avec zèle et ardeur. Figurez-vous qu’une Suzanne, qui signe modestement sans préciser davantage, m’annonce qu’elle vient de découvrir mes romans, qu’elle s’en imbibe avec passion, qu’elle ne comprend pas comment elle a pu passer à côté de  tous mes titres, mais du coup se réjouit qu’il lui reste tant de pages de moi à lire encore… Mes belins-belines, si chaque matin je trouvais un petit mot de cette teneur sur mon e-mail, vous imaginez ! Je ne toucherais plus terre à force d’extase et de lévitation d’orgueil. Même, mettons, une fois par semaine suffirait. Alors, vu le tonus proche de l’ivresse que me donne ce jugement d’une inconnue, vous comprenez que je serais heureuse d’établir le contact. « Cherche Suzanne, oui … Suzanne, répondez ! Suzanne, répondez-moi ! »

 

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