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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 10:46

  

            Plusieurs articles des « Studies on L.D. » ont mis en lumière l’importance donnée au regard dans mon écriture romanesque. Il est de fait que si la description des traits d’un visage ne me retient jamais, ni comme lectrice ni comme écrivain, les yeux au contraire méritent d’être suggérés, par le reflet qu’ils sont de la vie intérieure, de l’émotion, de la réaction immédiate. Est-ce à cause de cette disposition de praticienne de l’écriture que je m’intéresse toujours particulièrement aux regards dans les spectacles vus à la télévision ? Toujours est-il que je viens de remarquer depuis quelques semaines que chaque épisode de série se terminait sur un regard – et, une fois observée, l’idée entraîne sa vérification expérimentale, comme le souhaiterait Claude Bernard (vous voyez que mon année de philo, si lointaine qu’elle soit, m’a tout de même laissé un souvenir, de même que l’horreur de Bergson et – ne me demandez pas pourquoi, ni ce que c’est, ni surtout ce qu’on en fait – le schème de Burloud). En général un regard de tendresse, ou de rancune, ou de colère rentrée, mais tout aussi souvent un regard d’émotion, de surprise, de consternation – toutes émotions laissant augurer des développements à venir dès le début de l’épisode suivant. Ainsi par exemple le regard qu’échangent deux amants lorsque vient de succomber le mari (lequel était un affreux individu tandis qu’eux luttaient avec héroïsme  contre leur passion réciproque). Ainsi le regard d’une femme à qui le mari vient de témoigner son amour mais qui conserve des rancunes étouffées toutes prêtes à s’exprimer dans la vengeance. Ainsi le regard faussement attendri du gamin dont la mère croit avoir gagné l’attachement par des promesses jamais respectées – oh la nuance de mépris tout au fond… Parfois d’ailleurs on nous abuse avec cette signification du regard par rapport à  l’intérêt dramatique : ainsi il y a quelques jours, deux amants coupables s’embrassant dans un couloir et soudain  faits prisonniers par le verrouillage d’une porte : on nous montre longuement les affres de leurs regards de fautifs  pris sur le fait, eh ! bien  le tout pour rien! Aucun développement dramatique dès le début de l’épisode qui suit … Ah ! que je n’aime pas voir de belles occasions gâchées par la négligence – même chez les autres !

 

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