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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 08:25

 

 

         Voilà plusieurs romans, en général des gros romans, que je prends dans la littérature israëlienne contemporaine. Ce n’était pas par goût particulier : c’est plutôt un ensemble de circonstances qui a garni en surabondance ma table de chevet où s’empilent les bouquins à lire le soir, jusqu’à l’extinction des feux et la fermeture des paupières. J’ai surtout été intéressée par la tristesse qui s’impose un peu partout, soit chez les descendants des rescapés de la Shoah (qui ne parlent jamais de ce passé horrible, même à leurs petits-enfants, lesquels n’osent pas trop les interroger), soit chez des réfugiés de divers pogroms installés en terre juive mais vivant chichement, petitement, comme s’ils ne l’osaient pas. Et chacun avec ses pesanteurs  intérieures, ses souvenirs à remâcher, ses craintes devenues trait de caractère probablement transmissible. Oui, c’est une littérature sans joie, pour ce que j’en connais (mais elle est me dit-on très abondante, il faudrait tout lire). Ce qui me frappe là-dedans, moi, c’est qu’à aucun moment on ne s’insurge contre l’occupation de la Palestine. Elle est pourtant aussi flagrante, aussi ouverte et proclamée que la France au temps d’Hitler et de Pétain. Nul doute que les protestations réclamations manifestations du monde entier contre la criminelle tyrannie d’Israël et son plan de nettoyage ethnique de Jerusalem-Est leur soient connues : ou bien mettent-ils des œillères et des boules Quiès pour se préserver des horreurs de l’actualité ? Je ne sais, mais le sujet se limite en général aux problèmes du couple ou de la communication entre générations voire individus proches. On se croirait à Paris, on pourrait même penser que le nombrilisme de notre capitale leur est apparu comme un modèle à suivre. Réveillez-vous, bonnes gens de lettres de là-bas ! Il y a pléthore de sujets à creuser, le mur, les souterrains, les bombes, les destructions successives d’immeubles patiemment reconstruits, les gens qui meurent sans soins faute d’avoir pu en temps utile franchir à la frontière le check-point nécessaire, les dépossessions en masse, les arrachages d’oliviers, le rationnement en eau en électricité en vivres en remèdes… Il y en a des choses à dire sur ces divers points qui n’en font qu’un : allez, à vos plumes !

                                                                                            Lucette DESVIGNES.

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