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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 09:47

 

 

            J’ai déjà beaucoup écrit sur les salons du livre, la plupart du temps gardant mes  réflexions pour mes petits carnets : les moments où l’on chôme, sans personne qui vienne vous demander de renseignements sur l’un ou l’autre de vos titres d’ouvrages pourtant bien étalés à la vue (mais, en fait, la table recouverte de vos livres sert davantage de repoussoir entre auteur et éventuel lecteur, bien plus que de lien), doivent bien être occupés dignement, et la dignité pour un écrivain étant d’écrire j’écris au lieu de bayer aux corneilles. A force d’expérience, j’ai toute une théorie sur les comportements du public dans un salon du livre, je peux, du plus loin que je les aperçois, deviner si les visiteurs sont venus pour échapper aux giboulées d’avril, promener leur marmaille en la sachant protégée des voitures, retrouver des copains ou copines en ayant l’air d’être venus pour se cultiver, ou enfin  trouver une provende fraîche pour nourrir les soirées à venir. Ne vous y trompez pas : le public venu pour acheter des livres représente une faible proportion de ce public. En outre, la crise a eu aussi un effet pervers sur les ressources des ménages : j’ai connu des salons du livre, il y a vingt ou vingt-cinq ans, où les  gens venaient faire provision de lecture pour leur année avec des paniers, oui, et repartaient le panier rempli… Où sont les neiges d’antan ? Il y a maintenant les lecteurs qui – aimable, précieuse minorité – ont eu vent de votre dernière parution et, fidèles à votre manière d’écrire, veulent l’ajouter à une collection déjà bien amorcée ; il y a ceux qui vous découvrent avec curiosité, avec intérêt, et décident de se lancer dans deux ou trois de vos titres à la fois (l’entretien avec eux est toujours un moment privilégié) ; il y a aussi ceux qui viennent palper vos livres, presque l’un après l’autre, les feuillettent, lisent avec attention la 4 de couv’, vous écoutent si vous expliquez vos thèmes, vos options, la gestation ou au moins la raison d’être de cette production – et puis qui vous plantent là, après vingt bonnes minutes de camaraderie, parfois sans même vous dire « Je vais faire mon tour, je vais revenir », formule salvatrice des hésitants, voire des personnes seules qui sont venues chercher auprès des auteurs quelques minutes de conversation polie…Certes, le livre est roi, mais il règne sur un tout petit royaume et c’est bien dommage.

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commentaires

S
Et d’après le compte rendu de mon journal régional, cette année, la grande attraction était la venue de Jean-Louis Beaucarnot pour son ouvrage « Le tout-politique », généalogie de nos gouvernants,<br /> Nelson Monfort pour sa biographie de Jean Ferrat et Catherine Laborde, la dame de la météo. J’ai même aperçu sur une photo la tête de Benjamin Griveaux, Conseiller municipal de Chalon-sur-Saône,<br /> vice-président du Conseil général de Saône-et-Loire et de la communauté d'agglomération de Chalon-sur-Saône, pour son livre « Salauds de pauvres ! »<br /> Chère Lucette, la concurrence est de plus en plus dure !<br /> Amitiés<br /> Saint-Cyr
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