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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 09:36

            L’ obligation, pour les séries télévisées qui durent depuis longtemps et rêvent de durer encore davantage, d’avoir recours à plusieurs scénaristes pour pouvoir affronter les rythmes exigeants de la demande, entraîne qualités et défauts Qualités, certes, puisque l’évolution du destin d’un noyau de personnages (une famille, un couple, une entreprise commerciale…) relève d’un même cerveau pensant, qui a donné à chacun son style, son caractère, sa voix propre – d’où la cohésion de cette évolution, des rapports intergénérationnels, des caprices sentimentaux. Mais aussi défauts, puisqu’il y a nécessairement des jointures à assurer, là où les cellules hétérogènes se rencontrent, donc se heurtent, venues les unes et les autres de cerveaux pensants différents. En théorie la rencontre doit se traduire sur le petit écran par une fusion harmonieuse, d’autant plus  intéressante pour le spectateur que lesdits noyaux n’ont pas la même tonalité ; mais si cette fusion est remplacée par une juxtaposition plus ou moins maladroite, l’ensemble devient boiteux et perd de son impact. C’est ce qui se passe parfois (je dis parfois, car le reste du temps le résultat est parfaitement estimable) lorsque le monde pakistanais, donc la mentalité pakistanaise, musulmane pratiquante, du quartier de l’Albert Square, se heurte à d’autres pratiques ou d’autres conceptions : le fils est amoureux d’un beau garçon musclé   et la famille rompt avec lui, l’emprise du chef de tribu sur sa belle-sœur démolit l’équilibre sentimental de la cellule familiale, une belle-fille se laisse séduire en dehors du clan…La cohésion s’émiette, on devine sous le dialogue l’origine de chaque « unité », donc son  auteur, ce qu’on ne devrait pas percevoir. D’où aussi, encore plus gênante, la fréquence des interruptions du fil du récit, comme s’il était nécessaire pour le scénariste de service, celui qui vient de donner, de reprendre haleine : un arrêt sur image pour terminer un épisode  nous laisse en suspens (un échange de regards, un geste de menace, un baiser, un retour inattendu), on croit donc que la suite va continuer sur cette lancée, non, pas du tout ! C’est au collègue de faire, et il repart, lui, dans une tout autre direction, avec d’autres personnages, un autre centre d’intérêt, une autre tonalité… La variété dans le récit, c’est souhaitable et bienvenu, sauf si le bariolage de l’habit d’Arlequin a servi de modèle.

 

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