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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 11:25

 

          

 

 

Depuis quelques semaines, j’ai trouvé grand intérêt à regarder sur « Histoire » la vie privée des chefs-d’œuvre. Grandes et belles peintures qui prêtent à commentaire parce qu’elles ont été dérobées au regard public pendant deux ou trois siècles, ou parce qu’elles recèlent un mystère – ainsi j’ai appris que la « Nativité mystique » de Botticelli et ses inscriptions secrètes étaient en quelque sorte un hommage caché à Savonarole et à l’austérité de ses principes – elles permettent toujours un regard neuf ou révèlent un destin inattendu avant qu’on ne les retrouve. Ce n’est pas, certes, le niveau d’Alain Duaux et de ses analyses élégantes ou de ses références culturelles ; mais, malgré une structure un peu trop découpée (succession de brèves interventions de conservateurs et critiques en général étrangers qui sont traduits un peu précipitamment et ne sont pas indispensables parfois), le tableau est détaillé avec minutie, ses significations bien mises en relief, ses origines explicitées, ses beautés soulignées. Ainsi il était fascinant, hier, de voir comment, à partir d’illustrations d’un journaliste représentant des scènes de violences révolutionnaires dans les rues,  Delacroix, pour sa « Liberté guidant le peuple », avait repris les attitudes, les faciès, les couvre-chefs, les arrangeant à sa manière en les chargeant de sens : par exemple, qu’un mort étendu aux pieds de la révolution qui brandit l’étendard de la liberté (le drapeau tricolore, reconquis sur les fleurs de lys des Bourbons tout juste détrônés) soit dépouillé de ses vêtements et de ses chaussures, ou que la femme elle-même, bien plus réaliste qu’une simple allégorie, ait un bras un peu masculin, vaguement velu, pas très propre ainsi que sa joue (pas bien belle, cette révolution, ironiseront les détracteurs de cette peinture vigoureuse). Ou encore qu’on retrouve dans l’empilement des cadavres foulés aux pieds par la révolution les positions des corps du « Radeau de la Méduse » de Géricault – ce n’est pas qu’on ne pourrait soi-même, à l’occasion, faire des rapprochements, mais cela consolide vos connaissances que de les voir partagées (ou, tout aussi bien, cela vous tonifie  de vous rebeller, tout seul devant le petit écran, lorsque vous n’approuvez pas des prises de positions imprudentes)….

 

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