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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 09:51
    

Vous m’avez déjà entendue râler (oui, je dis bien « entendue », car quand je suis irritée j’articule et je force ma voix, même les cancres du fond m’ont toujours entendue, alors pourquoi pas vous, mes belins-belines ?) à propos de ces films dits « cultes » qui ne valent pas un pet de coucou et qu’on nous encense à tour de bras dans les programmes et commentaires. Qu’on les signale à grand renfort de trois étoiles ou autrement, le problème se pose de même façon : crier au miracle tout simplement parce qu’il s’agit d’un vieux film, c’est tout simplement de l’escroquerie intellectuelle. J’en veux pour preuve ce « Frenzy » que j’ai vu il y a deux ou trois jours. Vous pensez, un Hitchcock que je ne connaissais pas, c’était un vrai devoir de me rendre à sa rencontre. Horreur, trois fois horreur ! Mais qui peut vraiment prétendre que ce film est à défendre ? Zéro pour l’histoire, la plus banale qu’il m’ait jamais été donné de voir, le dernier des western apparaissant à côté comme un divertissement spirituel. Zéro pour la vis dramatica : tout se déroulant de la manière la plus prévisible depuis le tout début.  Zéro pour le jeu des acteurs, empaillés, ampoulés, faussement à l’aise, ne réussissant même pas à « jouer théâtre » - ce qui pourrait être intéressant – à partir de données si pauvres. Zéro pour l’humour, que le commentateur a le culot de qualifier de noir parce qu’on voit des mortes nues étranglées avec des cravates de couleur et, fourrées dans des sacs de pommes de terre, tendant soudain un bras ou une jambe de mannequin de modes que le meurtrier s’efforce avec frénésie de renfiler sous la serpillière. Et zéro pour l’aspect « gastronomique » censé agrémenter et détendre l’atmosphère, quand chaque repas de l’inspecteur chargé de l’enquête est un supplice devant les horribles petits plats que sa femme, à partir de mains livres de cuisine, lui confectionne avec amour .On se hérisse d’imaginer le montant de l’opération : combien de logements sociaux aurait-on pu construire dans ce Londres où vous étiez revenu en 72, Sir Alfred , avec l’enveloppe qui a payé ce ratage éhonté ?

                                                                                  Lucette DESVIGNES.

     

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