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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 10:10

            Je suis un incorrigible amateur d’histoires. J’en invente sans cesse pour leur donner une forme publiable par l’écriture, mais j’en suis toujours avide et l’autarcie de mon approvisionnement ne suffirait pas à mon bonheur. C’est pourquoi je cherche pâture sur toutes les chaînes qui promettent de s’en tenir à une histoire,  c’est pour cela que j’aime tant les polars, non à cause de leur violence ou de l’abracadabrant de leurs aventures (c’est en général à ce moment que je perds tout intérêt et m’en vais ailleurs picorer), mais bien à cause de ce fil qui se déroule – plus ou moins savamment, certes – depuis les données de départ jusqu’à l’apaisement des soupçons ou des inquiétudes, voire des craintes ou des angoisses. Une histoire, donc, pas forcément policière, plus ou moins embrouillée, plus ou moins maladroitement ficelée : l’essentiel est qu’elle soit ficelée de manière à garder l’intérêt en éveil. D’où naturellement la prime offerte à l’originalité, au non vu. Mais là encore, pas nécessairement : l’art réside dans la narration même, dans la manière dont se dévident les événements ou leur compte-rendu, dont nous sommes amenés sans effort à penser ou sentir comme les personnages. C’est pour les mêmes raisons que, de fort loin, je préfère aux histoires donnant leur titre aux épisodes des séries (quelles qu’elles soient, ici, outre-Manche, outre-Atlantique) le fil qui tient ensemble tous les morceaux et qui nous guide tout au long de la durée des séries elle-mêmes. En théorie l’intrigue présentée par chaque épisode – éventuellement par deux épisodes qui se suivent, s’il est besoin d’un développement      exceptionnel – est faite pour satisfaire la curiosité boulimique (psychologique, sentimentale, événementielle) du spectateur , mais la réduction de son format aboutit à des formules      aux rythmes trop semblables et faciles à deviner (exactement comme dans « Mannix » : un quart de temps pour exposer les données, un autre pour le lancer dans la résolution du mystère, un autre encore pour le faire tabasser et échouer dans sa quête, enfin le dernier quart pour le montrer triomphant, remis de ses contusions ou blessures et plein d’astuces pour prouver ce qu’il avait à prouver). Mais rien ne vaut   la « grande » histoire des séries, celle qui serpente par derrière, qui a une autre ampleur, une autre portée. La suite à venir, ne la manquez pas !

                                                                                 Lucette DESVIGNES.

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