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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 11:17
     Dès que je vois ce Blogrank 12 ou Blogrank 13, je me rembrunis. Tout ce que je pouvais avoir de léger et d'enthousiaste dans l'esprit en me levant disparaît, s'efface, au profit de cette morosité qui s'installe d'en haut ("Le noir en couperet est tombé devant moi, Opaque, en couperet - tombé d'en haut, je crois" : c'est tiré de "Noire est la nuit" et quand je ne vous dis pas le nom de l'auteur, c'est à vous de chercher; il y en a parmi vous, mes belins-belines, qui savent trouver, des fois). Donc, la grisaille - bien obscure, même -  s'impose si on la laisse faire. Mais justement il ne faut pas la laisser faire. On cherche alors dans sa fidè!e mémoire quelque chose d'allègre ("des souvenirs, en a-t-on! en a-t-on!" Cette fois-ci je ne vous dis pas de qui c'est, débrouillez-vous tout seuls). On trouve diverses choses (oui, j'en ai tout un choix à ma disposition, je vous en sortirai de temps à autre, promis). Par exemple, Molière - pourquoi pas? Moi je lui préfère Marivaux haut la main,  mais prenez "Amphitryon", c'est plus que joli et joyeux, c'est absolument adorable. Voyez Sosie se préparant à raconter à Alcmène que son maître est vainqueur. "Madame, Amphitryon, mon maître et votre époux... (Bon. Beau début). L'esprit toujours plein de vos charmes,/ M' a voulu choisir entre tous/ Pour vous porter avis du succès de ses armes /Et du désir qu'il a de se voir près de vous "... Et le voilà qui fait les demandes et les réponses, tout content de lui au fur et à mesure que s'affirme son aisance de parole et d'idée. Avec ses apartés satisfaits (Fort bien! Belle conception!)  ou encore (Bien répondu), il atteint le summum de l'ivresse de soi : "Peste! Où prend mon esprit toutes ces gentillesses?" .Eh bien voilà où je voulais vous amener. C'est là ma défense contre la morosité des administrations quelles qu'elles soient et puissent être. "Peste! Où prend mon esprit toutes ces gentillesses?" C'est ce que je me dis, mais oui, quand l'occasion m'est offerte de relire des textes de moi (je ne veux pas dire que ce soient les seuls agréables à lire, mais enfin ils ne me déplaisent pas tant que ça, en fin de compte). Et ces temps-ci l'occasion m'en est offerte, et je replonge dans des écritures d'il y a plusieurs années et je m'étonne, mais oui, je m'étonne d'avoir écrit ça. Si plein de pensée, tellement venu sans peine...Ce ne sont pas forcément des gentillesses, c'est même plutôt vengeur par endroits, sombre du moins (et encore : vous n'avez pas lu "La Dent dure", et il vaut mieux pour vous si vous êtes une âme sensible et moutonnière, vous recevriez un choc à lire ce journal d'il y a douze ou treize ans, ça pourrait vous faire du mal si vous avez l'habitude de voter tranquillement comme le vent vous pousse). Bref, voilà que finalement je me sens toute ragaillardie. Brave Sosie, tout de même! Un vrai prozac... Parfait! Je connaîtrai la recette désormais : combattre les effets délétères du blogrank par des citations appropriées et regonflantes. Comptez sur moi, mes belins-belines, j'en ai pour toutes les occasions. Il y en aura même pour vos minets, dites-le leur bien. A demain.

                                                                                                   Lucette DESVIGNES.
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