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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 08:45

 

 

            Cette vieille amie des deux hospitaliers était infirmière, elle est donc parfaitement lucide et elle sait que son cancer du cerveau est arrivé en phase terminale, ne lui réservant  que des souffrances, une difficulté croissante à marcher, une perte d’équilibre, un encombrement constant des voies respiratoires, la diminution de toutes ses facultés. Elle se retrouve sur leur orbite puisqu’une première hospitalisation la ramène dans leur service ; le passage au scanner ne fait que confirmer le caractère irréversible de sa déchéance. On la ramène chez elle sans l’avoir retapée – comment le pourrait-on ? – et elle réclame à ses amis une aide par une médication interdite.  L’infirmier en chef se laisserait faire, quitte à  s’exposer aux pires poursuites, mais l’autre hospitalière – également matrone – intervient, il y a des limites à ne pas franchir, même par l’amitié la plus vive. La patiente est de nouveau hospitalisée pour malaise, nouvelle occasion pour elle de tenter de fléchir ses amis qui encore une fois ne cèdent pas. Quand on l’hospitalisera derechef, c’est qu’une voisine l’a trouvée dans sa baignoire avec les poignets cisaillés. Sa détermination paraît évidente, mais aucune voie légale n’existe pour lui faciliter une sortie dans la dignité. Les amis finissent par céder ; après avoir passé auprès d’elle une soirée de réjouissance telle qu’elle la souhaitait, ils lui donneront la boisson létale après avoir enregistré une vidéo sur laquelle elle exprime fermement sa volonté d’en finir avec la déchéance. Cette déclaration expresse sera-t-elle suffisante pour écarter de ses amis l’accusation d’homicide volontaire ? Ce pourrait être en tout cas une idée à retenir.

 

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