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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 19:15

 

 

            Les températures caniculaires que l’été se croit autorisé à nous infliger depuis son avènement – célébré par les fanfares de France et de Navarre comme il se doit – nous ont fourni de bien jolies images à la télé. Berges de Seine transformées en Croisette, voies routières rembourrées de sable fin pour transats et parasols, jets d’eau un peu partout, farniente exposé en semaine, enfants tout nus se douchant dans les bassins ou les répliques des grandes eaux de Versailles, tout cela est réjouissant et donne de la nation une image de sérénité et de fin de crise réconfortante, indépendamment des remous de la vie politique où les uns et les autres défilent, discutent, espèrent, critiquent, se déclarent, se détestent, s’embrassent,  se jalousent. Je ne veux pas m’étendre sur ces activités qui, à tour de rôle, peuplent nos petits écrans ; vous les suivez sans doute comme moi, les voyant faute de mieux et sans trop savoir de qui il s’agit, une fois que les uns ou les autres ont parlé. Moi je les plains de se donner chaud par des températures pareilles, mais je crois qu’ils aiment tous ça. Ce que je voudrais seulement dire, à propos de ces canicules, c’est l’allure débraillée que chacun se croit obligé d’adopter dans les rues sous prétexte que l’atmosphère estivale bat son plein. Vilaines jambes poilues sortant de vilains bermudas qui ont perdu chez nous toute la grâce de leurs pays d’origine, décolletés outranciers où la charcuterie s’étale comme sur un banc du marché (un banc, ça se dit en Saône-et-Loire, mais tout le monde a compris), grosses masses adipeuses qui se révèlent comme si c’était pour nous charmer, chevelures collées sur le cou, volumes mammaires non réduits loin de là… Je n’ose pas dire « Vivement un peu de fraîcheur », mais je n’ose guère non plus parler comme Tartuffe : « Couvrez, couvrez ce sein que je ne saurais voir… ». Et pourtant…

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