Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 11:28

 

 

 

 

 

 

C’est, en anglais, la forme enfantine de la loi du Talion qu’on enseigne aux tout petits en adoptant leur difficulté de prononcer le this ou le that de la formule in extenso : Ceci pour cela, Si tu bats mon chien moi je bats ton chat (on précise même que la chose se passe à coups de pied). D’où l’exploitation immédiate du principe : Si tu me prends mon seau, je te prends ta pelle. Si tu me prends mon petit pain, moi je te prends ton chocolat. Et ainsi de suite, à l’infini. Laurel et Hardy, de défunte mémoire, savaient parfaitement l’illustrer. Je me rappelle un film où il était question de sapins de Noël (peut-être les vendaient-ils en faisant du porte à porte, ce n’est pas impossible). En tout cas, là où aurait dû flotter une sérénité de paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, se mettait à régner autour d’eux une violence de destruction merveilleusement rythmée par le Tit for Tat. La chose se passait entre un propriétaire irascible et le couple vendeur qui se faisait aimable à croquer. Si tu me déglingues ma sonnette, moi je te déglingue ta trompe de voiture. Si tu m’abîmes ma porte moi je t’arrache un phare. Si tu me brises ma fenêtre moi je te démolis ta portière. Si … et si… et si… Avant longtemps, le champ de bataille est couvert de débris, il y a des branches de sapin, des morceaux de verre, des lambeaux de vêtements un peu partout, et les combattants s’arrêtent parce qu’il n’y a pratiquement plus rien à détruire. L’application du principe est si automatique, si primitive, qu’on n’a guère refait au cinéma ce panorama d’anéantissement des biens meubles. Mais je crois qu’on le fait encore de nos jours chez les hommes politiques. Ce sont leurs partis qui s’en chargent : toi tu dénonçais les ministres trop bien logés, nous on se réjouit que personne ne veuille de toi comme locataire plein aux as. Toi tu attaques les femmes de chambre quand elles viennent faire le ménage, moi j’attaque mes collaboratrices quand elles viennent dans mon bureau. Tit for tat : toi tu nies,  moi je n’accepte pas l’accusation. Pourtant Tit for Tat au bout du compte : toi ils te coffrent, moi ils me laissent tomber. A peu de chose près, c’est du pareil au même.

 

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de lucette desvignes
  • Contact

Recherche

Liens