Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 11:27
Je ne peux pas entendre ce mot ni l'évoquer sans voir la grand'mère genre Tartine Mariol donner un coup de pied dans un ballon de foot à faire pâlir Platini ni lire sur l'écran "Ma parole,  elle a mangé du Topset!". Naturellement, sic transit  gloria mundi : le Topset, Tartine Mariol, Platini même peut-être, est-ce que notre civilisation oublieuse se rappelle encore ces saillies immortelles de notre connaissance qui sont censées hérisser de leurs aspérités la platitude de nos existences individuelles? (Remarquez au passage que mon Topset à moi, pour intellectuels comme le fromage de tête, fonctionne dès les petites heures de la matinée, et même fonctionne à plein). Le tonus, c'est ce dont chacun de nous a besoin pour entamer sa journée. Gingseng, aloé vera, huile d'argan, propolis, harpagophytum, gelée royale, ou tout aussi bien le grand saladier de pissenlits au lard que mon arrière-grand'mère nivernaise s'enfilait comme petit déjeuner, peu importe : l'essentiel est que chacun ait trouvé sa denrée, dès lors tout va pour lui comme sur des roulettes (clin d'oeil de ma mémoire cinéclubiste au passage : Harold Loyd et son totem, celui qui lui donne le pouvoir de se faire écouter de manière inédite, qu'il perd, qu'il remplace par un bec de cane ôté à son parapluie parce qu'il a une délaration d'amour à faire et qu'il a besoin d'un talisman au creux de sa main - l'essentiel est d'y croire, je le répète, par-delà tous les apports de vitamines, oligoéléments ou autres omégas 3). Vous avez sans doute remarqué l'abondance de mots destinés à décrire le tonus : avoir la pêche, avoir bouffé du lion, avoir  la forme - ne me disait-on pas hier soir que j'étais sémillante, alors que je ne m'étais même pas redonné un coup de peigne depuis le déjeuner? (Ne croyez pas, mauvais esprits, à la visite nocturne de quelque amant : c'était tout simplement mon spécialiste en informatique qui me rapportait, dûment réparés, les fils du téléphone dont les ruptures, paraît-il, ne pouvaient avoir été causées que par des dents de chatons, le côté sémillant de mon apparence ne pouvant, lui, avoir été causé que par mon feuilleton télé britannique interrompu en plein suspens époulaillant, comme on dit chez moi). Je vous l'avais déjà dit combien  de fois, que mon soap d'Albert Square c'étaient mes vitamines à moi . J'ai déjà incité mes minous à venir prendre des forces à côté de moi, mais la proximité leur suffit :  ils dorment profondément devant l'écran, même quand les accents locaux deviennent pathétiques. Que voilà une éducation pratiquement loupée... mea culpa!

                                                                                                    Lucette DESVIGNES.
Partager cet article
Repost0

commentaires