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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 08:40

 

 

         Ce décor minéral, incroyable, presque inventé pour les besoins de la cause, confère dès sa première utilisation (donc, dans Stage Coach, autrement dit La Chevauchée fantastique)  non seulement aux images du film mais encore à cette portion de l’intrigue qui est diligence lancée en un galop infernal (avec flèches qui volent de tous côtés, tension hystérique des poursuivis et des poursuivants, chevaux qui s’abattent avec leurs cavaliers emplumés)/, un sens totalement dépourvu de gratuité. En contraste avec cette immensité onirique frénétiquement parcourue dans les échanges de coups mortels, cette cellule ballottée mais close où se retrouvent les échantillons marquants du genre humain : les renégats que chassent les ligues de moralité (médecin ivrogne, fille de joie, repris de justice), les bourgeois arrogants (le banquier en fuite avec la caisse, la hautaine épouse  d’officier qui vient d’accoucher, le Sudiste qui vit d’escroqueries) et puis au milieu de tout cela l’homme moyen, le citoyen Lambda un peu ridicule, qui se laisse dépouiller sans protester mais qui intervient toujours pour rappeler les autres au sens de la dignité). Que cette leçon morale à la Capra (puisqu’on reconnaît in fine la compétence du docteur, le dévouement de la fille de joie, l’innocence du détenu auquel on enlève bien facilement les menottes) couronne le film avec un optimisme déclaré et se détache sur la beauté étonnante de la nature sauvage fournit tout simplement le schéma du western à venir : il sera parfois coloré de tragique mais toujours la présence du décor grandiose et écrasant ramènera les problèmes des humains à leur véritable dimension. En gros, le mythe du western est déjà fixé.

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