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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 08:56

 

 

 

         A mainte reprise déjà, mes belins-belines, vous m’avez entendue tempêter – oui : donnant de la voix et du sarcasme avec vigueur – contre ces extensions abusives et ridicules d’un féminisme mal géré qui finissaient par ajouter le E des revendications illusoires à tous les noms de fonction, comme s’il suffisait de cette adjonction pour sauter d’un seul coup les étapes d’une masculinisation dérisoire. Que l’on réclame la rémunération identique pour deux fonctions identiques accomplies indifféremment par homme ou femme, rien de plus naturel, rien de plus logique : l’égalité de salaire paraît vraiment la plus simple des demandes à satisfaire, elle ne soulève rien d’autre que des objections d’ordre économique ou financier. Que la parité soit un idéal à atteindre sur les listes électorales, certes aussi : s’il y a des appétits féminins pour s’engager dans la voie de la turpitude et de la compromission, de la langue de bois et de l’agitation vocale et gestuelle sans résultat, libres à eux de se trouver apaisés par l’application d’une loi de nivellement sexuel récent. Là où je m’insurge, c’est de constater qu’une féminisation à outrance gauchit le vocabulaire en passant par-dessus toute évidence : c’est déjà honteux de dire « la juge » (dans mon enfance on corrigeait avec force les ignares qui disaient « une professeur ») ou « une architecte » même si on a le droit de dire « la préfète » puisqu’on a recours à une étiquette inédite,  ou « la déléguée », ou « la conseillère » puisqu’on ne fait là que suivre le tracé usuel et déjà existant; oui, c’est honteux de féminiser à tout crin des métiers que les femmes ont acquis le droit d’exercer, comme un métreur ou un procureur. Je garde pour demain la fureur rentrée qui se libèrera en abordant l’adjonction triomphante et automatique d’un E qui gomme par magie toutes les inégalités anatomiques.   

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