Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 08:51

 

 

            Je demandais hier qu’on le fît taire, ce bavoux impénitent à qui la philosophie servait d’excuse inopérante pour discuter de tout et de rien, tel un censeur facilement outragé, sans jamais apporter la moindre solution ni même le moindre éclairage un peu nouveau sur les problèmes éternels qui continuent paisiblement à être agités par autrui en le laissant carrément sur le sable. Mais j’aurais dû d’abord exiger qu’on lui fît rendre gorge. C’est malheureux quand même que quand on a fini de parler des emplois fictifs ou en découvre d’autres. Naturellement, après avoir fait connaissance avec l’indolent farniente de l’état de ministre et, du même coup, avec l’insolent éclat qui s’ajoute à la valeur de la personne dès que l’on vous a mis un portefeuille entre les mains, ce bavard mal avisé s’est senti tout auréolé d’un rayonnement qui faisait se courber les échines sur son passage. Il se trouve que la bagatelle ne l’intéresse pas, ni pour les femmes de chambre ni pour les petits garçons : c’est pour cela qu’il parle de haut, sans rien dire (attendons cependant que « le Canard enchaîné » ne nous découvre quelque tare jusqu’à présent bien cachée : on se prépare peut-être du rire à gorges chaudes pour les mois à venir). En tout cas, le cumul des emplois sans fonction doit lui faire un joli revenu, à ce frisé qui pose à l’éternelle jeunesse ; le condamner à rembourser le trop-perçu me ferait plaisir, et je ne serais certainement pas un cas isolé. Je propose le remboursement parce qu’il en est fort question tous ces temps : que les médecins remboursent ! que les laboratoires remboursent ! que les coupables remboursent ! Amusons-nous un moment : nous savons bien que personne ne remboursera quoi que ce soit, ni Tapie ni Lagardère ni Vivendi ni le Crédit lyonnais ni la Société générale. On agite de vagues punitions pour calmer le brave peuple, du genre « Vous allez voir ce que vous allez voir »,  ou même « Ah ! retenez-moi ou je fais un malheur ! », histoire de lui faire accroire que le règne de la justice est en train de s’installer. Mais il a la philosophie de  Candide, le brave peuple, c’est-à-dire vous et moi : il sait bien que tout ça c’est de la frime, comme dirait la grande Nanon dans « Eugénie Grandet ».

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de lucette desvignes
  • Contact

Recherche

Liens