Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 09:54

           

            Une femme peuhle, c’est une femme peuhle, tout le monde le sait. Cela veut dire misérable, habitant un quartier misérable, vivant une vie misérable (une femme de chambre, même et peut-être surtout  dans un Sofitel, ne doit pas rouler sur l’or)… Cela veut dire aussi une pauvre minus, illettrée, analphabète, ne sachant d’anglais que le minimum lui servant à se débrouiller au jour le jour. Du coup, tous ces handicaps lui ôtent toute crédibilité dès qu’elle ouvre la bouche. Si elle est analphabète, elle ne doit pas être capable de nous raconter comment on l’a violée, comment elle s’est débattue, comment elle a été forcée – ou alors, elle le fait dans son jargon impossible, Y a bon Banania, Comment voulez-vous qu’on la comprenne ? elle n’avait qu’à pas venir chez nous si elle ne voulait pas se heurter au problème des langues, c’est tout juste si on a pu trouver un interprète peuhl, et encore, quelle confiance peut-on accorder à sa traduction ? Entre eux, vous savez, ils doivent tous être complices, d’ici à ce que l’interprète nous fasse passer des vessies pour des lanternes il n’y a qu’un pas. Bref cette femme peuhle doit mentir puisqu’elle ne peut pas dire la vérité en un anglais correct ; autrement dit on ne doit tenir aucun compte de ses dires. D’ailleurs ce qu’elle dit c’est tout simplement ce qu’on lui fait dire. Quant aux marques de sévices qu’elle a montrés sur son corps tout de suite après les faits, qu’est-ce que ça prouve, dites-moi ? Est-ce qu’une femme de chambre ne se cogne pas aux meubles en faisant le ménage ? Allons allons, un peu de jugeote, quoi ! un peu de bon sens ! En face d’elle, vous avez un monsieur si accablé par l’accusation infâme qu’il est resté quatre mois sans ouvrir la bouche, effondré d’horreur qu’il était, se laissant martyriser sans protester tant il était ahuri de se voir dans cette gâche. C’est vrai, il n’ouvrait la bouche que dans les restaurants italiens. Il va l’ouvrir maintenant qu’il est blanchi, il va pouvoir nous dire ce qui s’est vraiment passé, et lui on va pouvoir le croire, enfin, parce que son anglais est impeccable. Ah ! mes belins-belines, vous voyez comme c’est utile, l’anglais ! Travaillez bien vos verbes irréguliers et votre prononciation, ça ne peut que vous servir si un jour vous devez aller dans un hôtel de luxe américain.

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

C
<br /> Après le soulagement étrange de Bazerolles, sur BFMTV, qui semblait trouver que tout était bien qui finissait bien dans cette lamentable affaire et refléter en cela un point de vue assez à la mode<br /> sur les chaînes françaises, j'ai trouvé rafraîchissante votre ironie mordante. Merci pour ce bol d'air.<br /> <br /> <br />
Répondre

Présentation

  • : Le blog de lucette desvignes
  • Contact

Recherche

Liens