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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 18:36

 

 

            Il m’arrive parfois, quand je n’ai rien à faire – vous le voyez, les alexandrins viennent tout seuls sous ma plume. J’ai dû être conditionnée par les récitations depuis l’enfance, depuis la petite classe, le La Fontaine si dramatique, si scénique, vite remplacé par Hugo dans les meilleurs cas. Je ne pense pas que Corneille y ait ajouté quelque chose, mais je me trompe peut-être, car au fond, depuis la Sixième jusqu’à la Première, Corneille et Racine faisaient partie du programme, si bien que trimestre après trimestre on avait sa dose d’alexandrins pompeux. « Oui, je viens dans son temple adorer l’Eternel » – sacré coup de fanfare pour ouvrir une tragédie à la française ! Ou encore « Rodrigue, qui l’eût cru ? – Chimène, qui l’eût dit ? / Que notre heur fût si proche et si tôt se perdît… ? »  Moins pompeux, ici, tendre, douloureux, le mieux du meilleur de ce vieux Corneille… En tout cas, les rythmes enregistrés pour toujours, pas besoin de compter sur ses doigts pour aller jusqu’à douze ! Donc, quand je ne fais rien, l’alexandrin s’impose, / Et versifier ainsi est une douce chose. Ceci pour vous faire savoir, mes belins-belines, que j’essaie à mes moments perdus de greffer Hugo sur Hugo. Par exemple : « [Il] vise au front mon père en criant : Caramba ! / Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, les voilà ! ». Inutile de chercher dans les livres : un vrai vivier a été emmagasiné au cours d’une vie, il n’y a qu’à puiser. Je vous offre la règle du jeu : il suffit de faire rimer deux alexandrins pris le plus loin possible l’un de l’autre…

 

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