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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 10:44
    

Vis dramatica à l’anglaise

 

 

            Vous vous demandez peut-être ce qu’est devenu l’intérêt dramatique (la vis dramatica de nos adolescences studieuses) à propos de mon soap britannique préféré (je n’ose pas dire anglais étant donné le nombre d’ethnies qui participent à la population de ce quartier fascinant de l’East End : c’est bien un « pur » produit BBC mais cependant le générique énumère tant de noms indiens, pakistanais, jamaïcains etc. à tout niveau de production ou de fabrication qu’on doit à la prudence de revêtir le tout de l’étiquette « britannique »). En effet le suspense règne toujours dans la série quant à l’identité du coupable, càd le meurtier ou la meurtrière du vilain bonhomme assassiné dans la salle du pub dont il venait d’expulser les occupants de plusieurs décennies. On nous avait en quelque sorte prévenus : il avait été dit et répété qu’une enquête de ce genre se révélait longue et difficile, qu’en six mois on n’en viendrait certainement pas encore à bout., et de temps à autre, finement, l’un ou l’autre des personnages le répétait pour calmer les impatiences du quartier. Donc on attend. Et, finement aussi de la part du scénariste, il ne se passe pas de semaine sans que l’index de la culpabilité soit brandi sans en avoir l’air dans une direction ou dans une autre. Non seulement la fille en liberté sous caution a accusé la mère qui avait laissé entendre que l’une des autres filles était peut-être coupable, mais encore le cousin Billy officiellement innocenté parce qu’un tantinet innocent au niveau cerveau apparaît soudain comme l’exécuteur testamentaire, ce qui fait plus qu’étonner, tandis que le  mari de la femme violée par le vilain bonhomme avant son passage ad patres avoue qu’il a fait plus que simplement donner une raclée au sinistre individu. Mais l’homme d’affaires floué a aussi à son débit  que son fils aîné est le rejeton du même vilain bonhomme - alors ? Et l’ancienne deuxième femme dudit bonhomme refait surface après vingt ans d’absence, et fait mine de s’installer de nouveau dans les appartements au-dessus du pub où en fait ça commence à faire beaucoup de monde – alors ? Et le fils du bonhomme qui a dû changer sa chemise du soir de Noël pleine de sang, et se trouver un alibi croquignolet chez la grande lesbienne du coin – alors, alors ?  Cela vous paraît sans doute un peu obscur tout ça, mais n’ayez crainte : je vous tiendrai dûment au courant, et nous en tirerons gravement les conclusions esthétiques ou morales qui s’imposeront. Un peu de patience, je vous dis !

 

                                                                                             Lucette DESVIGNES.

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