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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 09:18

Je me rappelle avoir beaucoup ri, dans les premières années de ma vie d’épouse, de lire dans un article de « Modes et Travaux » (que je consultais à la fois pour de fines recettes de cuisine et pour des travaux de broderie dont je trouve encore chez moi les traces par-ci par-là) qu’il s’agissait de ne pas paraître idiote pour une jeune femme et, donc, d’apprendre ce que c’était que de la pénicilline, des sulfamides, des infiltrations afin de tenir son rang dans la société. Il y a quelque soixante ans de cela : inutile de préciser que le vocabulaire s’est enrichi depuis, non seulement celui de chaque domaine spécifique (dont la communication à tout va nous oblige à prendre quelque teinte bon gré mal gré) mais encore celui du jacassin de masse, celui qui brasse les importations et fabrications linguistiques de toute sorte en dehors de toute nécessité fonctionnelle et qui dit les mots parce que ça se dit (et que ça fait branché, « in » ou tendance de les employer). Je pourrais me donner du mal et en établir une liste, simplement pour commencer. Inutile : ils s’imposent tout seuls, il n’y a qu’à suivre l’actualité, écouter les commentaires à la radio, ouvrir un journal. Vous allez les reconnaître au passage, mes belins-belines. Vous allez reconnaître que vous les prononcez comme vous diriez « du pain » ou « du vin » (ah ! ce bon baragouin de l’ancien temps…), qu’ils vous sont familiers, que vous les utilisez sans arrière-pensée (pas du tout comme morosité, ou abracadabrantesque, ou bravitude, qui sont plutôt des citations). Ne me dites surtout pas que vous les avez bannis, je ne vous croirais pas ! Consensus, jubilatoire, subliminal, déontologie, fellation, tsunami, AVC, virtuel, hélitreuillé, parano, ADN, délocalisation, briefing, pandémie, dialyse, trekking… bien sûr que vous les connaissez, que vous les employez selon l’occasion ! Nous n’en sommes pas encore à faire entrer vésicatoire ou nystagmus dans la conversation courante, mais il ne faut jurer de rien.

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