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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 10:59

              Oui, mes belins-belines, entendu de mes oreilles hier sur mon petit écran ! « Mais ne peut-on craindre un risque de contagion ? » Oui, mes belins-belines, tout y était, avec en plus une mine époulaillée comme on dit chez moi, un petit geste délicat de la main qui réduisait l’effroi à une manifestation précieuse, sans plus, puisque la présentatrice des nouvelles était à l’antenne et se devait de ne point laisser transparaître ses sentiments personnels. Ne vous imaginez pas qu’elle continuait avec quelque retard la campagne pro vaccination de notre ex-ministre de la santé, la brave femme qui se faisait héroïquement vacciner en public pour donner l’exemple (et où est-elle passée, celle-là, dans ce remaniement express où les vieilles valeurs sont exhumées et les récents mérites transvasés dans les coulisses ? est-ce qu’on l’a proprement négociée pour sottise inguérissable ?). Pas question de virus, de ferments, de germes, de microbes et autres  bactéries : on ne nous a pas annoncé une vague de grippe espagnole ou asiatique en train de foncer sur nous à grands pas. Non, mes belins-belines, mais comprenez bien l’épouvante de la phrase : un « Mais » de faible protestation, déjà vaincu d’avance ; puis une forme interro-négative, « ne peut-on craindre », qui voudrait exorciser cette menace en proférant son contraire ; puis  « un risque », exprimant la crainte ; enfin « la contagion », le mal dévorant, sans limite, contre lequel il n’y a au fond nulle parade et qu’on est bien obligé de supporter quitte à en mourir, comme dans toute bonne pandémie ? Devinez de quoi il s’agissait, mes belins-belines ! De la fièvre de liberté qui souffle sur le monde arabe, rien moins que ça ! Les yeux s’ouvrent : au début, on restait fidèle aux pourris de la Tunisie, on y avait tant d’avantages ! Puis on ne savait pas trop quoi dire devant l’Egypte, ça risquait de bousculer les alliances présentes, on restait indécis. Puis avec Kadhafi c’était plus simple : l’ogre, le tyran, on pouvait lui dire « A la niche ! » puisque quand il venait chez nous on ne lui offrait qu’une tente. Enfin  les émirats avec qui nous sommes si bien (ils n’ont pas d’idées mais ils ont du pétrole), le Yémen (c’est si loin… vous êtes sûrs que ça se trouve pas en Extrême-Orient ?), la Syrie (vaut mieux faire copains-copains avec eux), la Jordanie. Bref, le vent de liberté qui les secoue tous de plus en plus fortement, c’est de lui qu’il nous faut nous méfier, des fois qu’on s’en retrouverait plus ou moins contaminés, hein, dites voir ? 

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