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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 08:31

 

 

         Je retrouve dans le désordre de mon bureau, après l’avoir bien cherchée (« Saint-Antoine de Padoue, Vieux voleur et vieux filou, Rendez-moi ce qui n’est pas à vous »  – après quelque réticence, il s’exécute comme un seul homme) une carte postale de celles que je garde : rien moins que le théâtre antique d’Ephèse. On me l’a envoyée avec affection, sachant que tout ce qui est vestige gréco-romain m’emplit d’un bonheur ineffable, comme si je me rappelais vaguement avoir vécu il y a quelque vingt siècles dans la Grande Grèce. On me l’a envoyée pour me rafraîchir la mémoire, et en une vue à vol d’oiseau pour bien emprisonner dans ses 16 x 11 cm le gigantisme de la construction. Trente-six colonnes encore debout pour constituer le fond de la skènè, fichtre ! Cela donne une idée du diamètre de l’aire d’évolution des acteurs et du chœur : énorme. Epidaure est un cirque pour bambins à côté, et pourtant déjà quand vous y êtes…Douze portions en éventail de vingt-cinq gradins (combien de sièges ?) derrière les quelques rangées réservées aux notables et avant une deuxième réplique, plus haut, de 25 rangées distribuées en douze zones – c’est déjà monstrueux, mais au-delà s’amorce une troisième zone complète, avec vomitoria pour déverser les spectateurs… Je ne peux m’imaginer que la voix pouvait porter jusqu’à ces hauteurs  sans trucs d’amplification. J’entends Oreste, Hippolyte le délieur de chevaux, Œdipe, Thésée  le père jaloux, Agamemnon le roi des rois…mais c’est dans ma mémoire, ce n’est pas depuis les gradins de pierre que je les entends, même après avoir apporté mes petits coussins pour faire plus confortable tout au long d’une longue nuit d’été…

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